24 ans après avoir fondé Divalto, un éditeur de logiciels pour PME-PMI, Maurice Vallet a progressivement transmis le témoin à son directeur commercial, avec la mise en place d'un MBO (management buy-out) en juin2006. Trois ans et demi plus tard, la PME de 85 salariés a doublé de taille et traverse sereinement la crise avec un chiffre d'affaires 2009 qui stagne à 10M€ tandis que ses concurrents accusent des baisses de 30 à 40%. Désormais actionnaire majoritaire aux côtés d'une dizaine de managers de Divalto, Thierry Meynlé n'en revient toujours pas de la réussite de son passage du statut de cadre sup à celui de patron. «Quand Maurice Vallet a abordé le sujet de la transmission en 2005, j'ai été un peu pris de court», se souvient l'ex-directeur commercial. Certes, celui-ci est dans la société depuis dix ans et a de l'ambition à revendre, mais le financement d'une telle acquisition dépasse largement ses moyens.
Qu'à cela ne tienne, le successeur désigné décide de s'appuyer sur un fonds d'investissement et de monter un MBO, une transmission par laquelle le management de la société entre au capital de la holding de reprise avec les financiers. Reste à trouver le fonds d'investissement qui réponde aux critères draconiens du manager-entrepreneur. «Je ne voulais pas d'une logique spéculative qui fasse valser les actionnaires financiers tous les deux ou trois ans. Je cherchais un investisseur capable d'accompagner le développement de Divalto sur le long terme», explique Thierry Meynlé. Après en avoir rencontré une dizaine et examiné leurs stratégies d'investissement et leur engagement dans le développement des entreprises de leur portefeuille, le choix s'arrête sur Before (aujourd'hui rebaptisé Pléiade), une holding d'investissement détenue par quatorze chefs d'entreprise.
Période d'anticipation
La reconfiguration actionnariale se fait en deux temps. En 2006, le fondateur strasbourgeois, qui détenait, avec son épouse, 89% du capital de son entreprise, n'en conserve plus que 32%. L'actionnariat salarié (mené par Thierry Meynlé) passe de 10% à 33%, et Pléiade entre au capital de Divalto à hauteur de 35%. Trois ans plus tard, Maurice Vallet poursuit son désengagement au bénéfice du management qui devient majoritaire et du partenaire financier qui réinvestit à son côté. «Cette période de transition de trois ans a été la seule exigence de Pléiade», précise Thierry Meynlé qui trouve, avec le recul, que deux ans lui auraient largement suffi pour faire ses preuves.
Par le biais d'un MBO, Thierry Meynlé a pu reprendre l'éditeur de logicielalsacien Divalto troquant son costume de cadre pour celui de nouveau patron. Trois ans après, cettereprise progressive porteses fruits, la société ayantdoublé de taille.