Dif : Pour jouer «gagnant-gagnant»
# Organismes de formation # Conjoncture

Dif : Pour jouer «gagnant-gagnant»

La mise en place du Droit individuel à la formation (Dif) ne s'est pas immédiatement traduite par l'envolée que pouvaient en espérer les partenaires sociaux. Mais l'introduction de la portabilité des heures acquises en cas de rupture du contrat de travail par la loi de 2009 et la fin d'un premier cycle de six ans pourrait changer la donne. «Le développement du Dif devrait se poursuivre, sans doute sur le rythme actuel voire de manière un peu plus rapide», note Jean-Pierre Willems, expert en Droit de la Formation, dans une analyse réalisée par l'institut Demos avec Focus RH et Entreprise & Carrières. «Comme tous les dispositifs sociaux généralisés, le Dif est un dispositif à déploiement lent. Mais il est dorénavant ancré dans les pratiques de formation d'une grosse majorité d'entreprises.» Cette enquête de Demos souligne que la part des entreprises dans lesquelles le Dif s'est établi de manière significative (30% de la formation en moyenne) est aujourd'hui égale à 50%, mais que la part d'entreprises dans laquelle le Dif touche quasiment tous les salariés demeure très faible. «D'un point de vue quantitatif, le Dif n'a donc pas modifié les taux d'accès en formation», précise l'institut qui constate également une hausse des refus, essentiellement pour des raisons budgétaires ou parce que les demandes ne sont pas en rapport avec l'entreprise.




Une troisième voie entre plan de formation et Cif

«Beaucoup considèrent à tort qu'il s'agit d'un droit individuel auquel personne ne pourrait s'opposer», explique Jean-Louis Maurin, directeur régional d'Agefos-PME Aquitaine. «La formation est l'affaire de l'entreprise mais aussi du salarié. D'un côté, la prise en compte du besoin de professionnalisation de l'entreprise pour développer son activité. Et de l'autre, pour le salarié, la possibilité de sécuriser son parcours professionnel. Il y a là une idée de gagnant-gagnant. C'est une troisième voie entre plan de formation et congé individuel de formation.». Écueil soulevé par de nombreux observateurs: l'absence de fonds particuliers pour financer le Dif qui aboutit à des situations très différenciées en fonction des entreprises, des branches professionnelles et des territoires. Et des incertitudes quand à l'avenir de ce financement.

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