Le Droit individuel à la formation (Dif) n'est plus un inconnu. Selon l'enquête Dif 2010 menée par Demos, 95% des salariés connaissent son existence. Pour autant, dans deux tiers des entreprises interrogées, moins de 20% des salariés utilisent leur Dif chaque année. Un paradoxe qui s'explique par le manque de maturité du Dif auprès des salariés comme des entreprises. S'ils connaissent le dispositif, la moitié des salariés ne sait pas comment le mettre en pratique alors même qu'ils ont le souhait de se former.
Valorisation individuelle
De leur côté, seulement 30% des entreprises ont une politique Dif structurée et ont intégré le dispositif dans leur plan de formation. Les autres entreprises traînent les pieds et n'assurent aucune promotion du Dif, ou bien gèrent les demandes de leurs salariés au filde l'eau, sans véritable stratégie. Une lacune que déplorent certains. «Articulé à des périodes de chômage partiel ou associé à une démarche de Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC), le Dif devient un vrai levier au service de la stratégie de formation de l'entreprise car son objectif prioritaire est de valoriser les compétences des individus», analyse ainsi Raynaut Escorbiac, directeur associé de la société Dévelop'Invest, spécialisée dans la gestion externalisée de la formation professionnelle.
120heures et après?
Résultat, on estime qu'en 2010, dix millions de salariés n'ayant pas utilisé leur Dif pourraient faire valoir leurs droits à 120heures de formation, transformant ce dispositif en bombe à retardement pour les entreprises. Ce scénario ne semble toutefois pas pertinent à tous les professionnels. «Rares sont les salariés à réclamer un tel temps de formation. De plus, le Dif n'est pas provisionné en termes comptables et l'employeur a le droit de refuser une demande», juge Blandine Legrand, responsable des formations management et RH chez Demos. L'enjeu n'est pas dans les compteurs considère pour sa part Guillaume Huot, directeur marketing de Cegos: «Si le Dif a échoué à atteindre les publics traditionnellement à l'écart des formations, il a, en revanche, fait prendre conscience aux salariés qu'ils pouvaient être acteurs de leur parcours de formation. Les gens sont prêts à faire des efforts pour se former. Il appartient aux entreprises de capitaliser sur ce désir».
Des formations orientées vers l'employabilité
Lors de la création du Dif, de nombreux chefs d'entreprise redoutaient d'être sollicités pour des formations fantaisistes. La réalité est toute autre. Les salariés témoignent du soucide développer, au travers duDif, des compétences transverses au service de leur employabilité. Les formations les plus demandées portent sur le développement personnel, la communication, les langues, l'informatique,la bureautique et le management. Reste pour les entreprises à trouver des solutions efficaces et durables pour financer le Dif et le développer. La part des Opca a vocation à diminuer. Parmi les modes de financement envisagés, certaines entreprises couplent DIF et périodes de professionnalisation dès que les formations suivies entrent dans ce cadre.
- Cegos: 01.55.00.95.95 - Demos: 01.44.94.16.16
Créé en 2004, le Droit individuel à la formation (Dif) s'est ancré dans le paysage de la formation professionnelle. Toutefois, s'il a gagné en notoriété, il n'est pas encore exploité au maximum de ses possibilités, tant par les salariés que par les entreprises.