Le 3 juin prochain, la société Éoliennes en Mer Dieppe et Le Tréport déposera sa demande de permis d'exploitation auprès des services de l'État. Une nouvelle étape qui démontre que le dossier suit son cours, explique le responsable du projet Raphaël Tilot : « le projet avance comme prévu ; la route est compliquée mais nous sommes dans le délai de deux ans de la période dite de levée des risques ».
L'horizon industriel s'éclaircit pour la filière
En parallèle, le turbinier Adwen a annoncé le 21 mars dernier avoir déposé deux permis de construire pour ses usines havraises de pales d'éoliennes et de nacelles. Annonce intervenue quelques jours seulement après l'approbation par l'autorité européenne de la concurrence de la fusion entre Gamesa (actionnaire à 100 % d'Adwen) et le groupe Siemens. Une décision qui « met fin à de nombreux mois d'incertitudes », concède Gwenaëlle Huet (Engie), présidente de la société Éoliennes en Mer Dieppe et Le Tréport. Si l'horizon industriel s'éclaircit, reste l'hypothèse des recours contre le projet qui ne devraient pas manquer de se faire jour à compter du 3 juin prochain.
Concertation permanente avec les pêcheurs
« On sait que le terrain est aujourd'hui propice à des recours », reconnaît Gwenaëlle Huet. Et ce, même si Engie n'a pas ménagé ses efforts depuis 2013 pour rallier à sa cause les pêcheurs du littoral, principaux détracteurs du projet. « Nous travaillons depuis des années avec une équipe dédiée basée à Dieppe », rappelle Raphaël Tilot. Une concertation de tous les instants qui a déjà permis de faire évoluer le projet, « notamment le schéma d'implantation des éoliennes ». Un choix assumé par le maître d'oeuvre qui entraînera néanmoins « une perte d'efficacité et un coût plus élevé », souligne le dirigeant.
De possibles recours menés par des concurrents
Mais au-delà des recours de particuliers ou encore d'associations environnementales, ce que craint tout particulièrement le groupe Engie qui pilote le projet normand, ce sont les recours possibles menés par des consortiums concurrents. Comme ce fut le cas en 2014 pour le parc de l'Ile d'Yeu-Noirmoutier où l'industriel allemand WPD Offshore et sa filiale française, associés à EDF Énergies Nouvelles avaient demandé l'annulation de l'appel d'offres dont Engie (GDF-Suez à l'époque) venait d'être désigné lauréat. « Derrière, c'est une filière qui ne se construit pas », regrette Gwenaëlle Huet.