Son bureau est sobre et fonctionnel. Les touches personnelles sont peu nombreuses. Quelques bibelots posés sur un meuble. Une statue de samouraï, des photos de ses enfants, une 2CV en tôle et un ballon de rugby... Didier Ossemond est le propriétaire des lieux. Quarante-cinq ans, divorcé, père d'un garçon de 22 ans et d'une fille de 16 ans, il gère l'AEIM industries à Cattenom qui emploi 70 personnes et pèse plus de 5M€ de chiffre d'affaires. Derrière ses yeux bleus, son sourire charmeur et son humour ravageur, Didier Ossemond est un bosseur.
De pizzaïolo à dirigeant
Autodidacte, son premier métier a été pizzaïolo. En 1988, il se met à son compte dans la téléphonie. Il travaille alors sur la centrale nucléaire de Cattenom dont la construction touche à sa fin. Très rapidement, EDF lui fait des appels du pied et lui propose de l'embaucher. Définitivement indépendant, Didier Ossemond refuse. «J'ai toujours eu du mal à rentrer dans le moule. La décision pour le jeune chef d'entreprise que j'étais alors n'a pas été facile à prendre mais je ne voulais pas d'une carrière toute dessinée», explique-t-il. En 2002 pourtant tout capote. Sotelec, un nom qu'il ne veut plus prononcer, celui de son entreprise spécialisée dans la téléphonie, dépose le bilan. Un coup dur pour ce battant. Sa carrière prend alors un virage. Il décide de concentrer ses forces sur l'AEIM industries, société de maintenance électronique et électrique dans l'industrie, qu'il pilotait déjà. Et la rachète complètement en 2007. «J'ai connu des années difficiles comme tous les chefs d'entreprise mais d'un mal j'ai toujours réussi à en sortir du bien.» Aujourd'hui, il partage son emploi du temps professionnel entre l'AEIM industries, le Gim'Est, dont il est le président depuis 2005, et les autres entreprises du groupe dont il est actionnaire. «Mon vrai métier, c'est gérant d'entreprise. On peut piloter ce que l'on ne sait pas faire en prenant soin de bien s'entourer. Seul, on n'est rien. C'est ensemble que l'on avance. Le collectif, c'est tout.» Une attitude sans doute héritée de l'époque où il jouait au rugby au poste de demi d'ouverture et qu'il continue à entretenir au sein de son équipe à l'AEIM industries. L'esprit du rugby que l'on retrouve encore dans ses deux mots d'ordre dans la vie: anticiper et se fendre la gueule, dixit l'intéressé. «Il faut prendre au moins 50% de plaisir dans ce que l'on fait. Sinon, il faut arrêter et passer à autre chose.» Le parler est franc et direct. «Parce que je ne sais pas faire autrement pour m'exprimeret parce que les choses vont tellement plus vite ainsi», se dédouane-t-il. Ses qualités: sa faculté à prendre du recul sur lui-même et à reconnaître ses erreurs. «Son franc-parler aussi, ajoute Édouard Colnot qui collabore avec lui dans le cadre du Gim'Est. Si cela surprend, au moins on sait où l'on va. Il n'y a pas de faux-semblant».Un de ses défauts, l'impatience. «Didier est un homme pressé même s'il trouve toujours du temps quand il le faut», précise Édouard Colnot.
Avoir des petits-enfants
Ses regrets: les licenciements à la fin de Sotelec. Ne pas avoir été plus présent pour ses enfants quand ils étaient plus jeunes. «Depuis mon divorce, j'essaie de rattraper le temps perdu et je suis devenu papa-poule. J'ai besoin d'être plus présent pour eux et je m'en suis beaucoup rapproché. Je veux les aider tant que je suis encore là. Sans les pourrir. L'important, c'est qu'ils sachent ce qu'ils veulent et qu'ils ne se laissent pas porter.» Ses rêves: «Avoir des petits-enfants et en profiter tant que j'ai la pêche. Ça me fait peur mais l'idée me remplit de joie. J'aimerais aussi me perfectionner en cuisine et partager avec les autres mon expérience. Jouer un rôle de conseil. Rendre ce que j'ai appris.».
Connu pour son franc-parler, Didier Ossemond, gérant de l'AEIM industries, société de maintenance électrique et électronique, préside depuis 2005 le Gim'Est groupant les entreprises prestataires sur les centrales nucléaires de Cattenom, Chooz et Fessenheim.