Spécialisée dans le développement, la production et la commercialisation de réactifs pour la détermination des groupes sanguins, la PME lilloise Diagast ne cache pas ses ambitions de croissance. Affichant en 2014 un chiffre d'affaires de 31 M€ pour 170 salariés, la société vise à présent le cap des 50 M€ d'ici à cinq ans et celui des 100 M€ dans dix ans. « La société a toujours été rentable et le résultat net s'élève à 5 % du chiffre d'affaires », précise Bruno Morino, P-dg de Diagast. En 2013, ce résultat s'élevait en effet à 1,3 M€ pour un chiffre d'affaires de 29,6 M€. Pour le P-dg de Diagast, ce rythme de croissance est possible grâce à la technologie innovante développée par la société girondine ABO Diag, acquise en 2014. Cette technologie permettra la poursuite du développement à l'export. Le tout sera accompagné par le doublement de la surface des locaux lillois et par des recrutements : « Nous allons être sur un rythme de 10 personnes par an », précise le dirigeant.
Vers des locaux de 16.000 m²
Première entreprise à s'être implantée sur le parc Eurasanté, Diagast va investir 15 M€ pour s'y étendre, ce qui est devenu une condition nécessaire à sa croissance. La société va passer de 8.000 m² à 16.000 m² dans les trois années qui viennent. Ce sera également l'occasion pour la société de se doter de lignes de production supplémentaires, à la fois pour ses produits actuels et pour la nouvelle technologie d'ABO Diag. Cette dernière sera aussi produite en Gironde. Enfin, le dirigeant envisage de se doter dès fin 2016 d'autres sites de production en France.
Première acquisition en 2014 avec la start-up ABO Diag
« 2014 a été une très bonne année avec une première opération de croissance externe concernant la société ABO Diag, située près de Bordeaux », souligne Bruno Morino qui a souhaité garder confidentiel le montant de cette acquisition. Jeune entreprise affichant 8 salariés, un chiffre d'affaires 2013 de 45.000 € et une rentabilité négative, ABO Diag est spécialisée dans la recherche et le développement d'outils diagnostics dans le domaine de la transfusion sanguine. Cette start-up a mis au point une technologie novatrice, qui permet une simplification des process dans la détermination des groupes sanguins et une baisse des coûts. « Cette technologie divise le temps du test par deux, voire par trois dans certains cas. Elle permet aussi à l'utilisateur une lecture simplifiée des résultats », explique le dirigeant. L'année 2015 sera consacrée à la finalisation de la technologie d'ABO Diag, pour une commercialisation prévue en 2016. « Nous investissons énormément en recherche et développement : le budget R&D représente 15 % du chiffre d'affaires de Diagast, voire 20 % depuis le rachat d'ABO Diag », souligne Bruno Morino.
La croissance par l'export
Aujourd'hui, 40 % de l'activité de Diagast est réalisée en France et 60 % à l'international, dans 50 pays. Ce pourcentage est appelé à se développer puisque la technologie développée par ABO Diag va ouvrir de nouvelles portes à Diagast. « Cette technologie va nous permettre de répondre à la demande pour de petits et moyens laboratoires alors qu'avant nous n'intervenions que sur des gros volumes réalisés par des laboratoires importants », explique le P-dg. Et d'ajouter : « Nous sommes désormais en mesure de répondre à toutes les cibles de notre marché ». Deux zones sont visées : d'abord l'Europe où Diagast est peu présente en dehors de la France et de l'Espagne, et ensuite les pays émergents, où ces tests sanguins sont encore peu développés. Il s'agit notamment des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).
« L'Europe est un marché mature et y pénétrer sera peut-être plus compliqué que sur les marchés émergents. Pour cela, avoir une technologie innovante est nécessaire », explique Bruno Morino.
Numéro 5 mondial
Sur le marché du réactif sanguin, Diagast se classe 5e selon son dirigeant, derrière trois entreprises américaines et une entreprise espagnole. « Les quatre premiers font, au minimum, dix fois chacun notre chiffre d'affaires », sourit Bruno Morino avant d'ajouter : « Cela nous laisse une belle marge de manoeuvre pour progresser. » Enfin, filiale à 100 % de l'Etablissement Français du Sang (EFS), Diagast étudie l'hypothèse d'une ouverture de son capital. « Rien n'est arrêté. Nous sommes en phase de réflexion pour trouver 15 M€ et nous regardons toutes les possibilités : les emprunts classiques comme l'ouverture du capital », commente le dirigeant.
La PME lilloise Diagast investit 15 M€ pour le lancement d'une technologie innovante liée aux réactifs sanguins. Elle vise 50 M€ de chiffre d'affaires dans cinq ans.