À Baugé-en-Anjou (Maine-et-Loire), où il emploie 400 collaborateurs dont 22 alternants, soit quasiment la moitié de son effectif global de 810 personnes, le groupe Devillé fait appel actuellement à quelque 110 intérimaires sur ses deux sites de production locaux qui représentent un ensemble de 28 600 m2. "Il est vrai que nous sommes un peu à contre-courant dans le secteur automobile, témoigne Patrick Fournier, directeur de l’usine de Baugé-en-Anjou du groupe. Nous avons transformé des projets en commandes. Même s’il faut désormais que les voitures se vendent, nous avons toujours une bonne visibilité à environ 12 mois et nous attendons une montée en cadence à venir."
110 millions d’euros de chiffre d’affaires
Et le résultat est là : en 2024, le groupe spécialisé dans la conception et la fabrication de pièces de sécurité à valeur ajoutée pour l’automobile a atteint 110 millions d’euros de chiffre d’affaires, contre 106 millions d’euros l’année précédente. "2025 sera également une bonne année et 2026 devrait l’être aussi, prévoit Patrick Fournier. Nous sommes confiants mais restons prudents." Il est vrai que le marché de l’automobile demeure chahuté, même si Devillé a su s’imposer en qualité de sous-traitants de rang 1 ou de rang 2 chez la plupart des constructeurs, tout comme il a su prendre le virage de l’électromobilité. Le groupe, qui fabrique des sous-ensembles destinés à la sécurité passive, comme pour les airbags, les ceintures de sécurité, les colonnes de direction ou les radars, est également entré dans le périmètre de la sécurité active avec de nouvelles propositions à ses clients. Présent dans l’automobile depuis 45 ans, le groupe angevin créé en 1934 ne cesse en effet d’innover.
30 % de diversification en 2030
Même en s’ouvrant au marché de l’électromobilité, le groupe angevin veut se libérer de sa dépendance au secteur automobile, qui a représenté dans le monde 89 milliards d’euros en 2024 et devrait atteindre un chiffre similaire en 2025. Mais en Europe, il connaît depuis plusieurs années une baisse structurelle, qui devrait encore être de 5 % cette année, et le marché du véhicule électrique peine à y décoller.
"Les gens ne savent plus trop quel véhicule acheter, constate Patrick Fournier, et dans le monde ce sont principalement les entreprises chinoises qui captent la croissance. L’électrification accélère l’émergence des constructeurs chinois qui maîtrisent les technologies et les terres rares, et la part des véhicules électrique vendus en Chine a augmenté de 30 %."
Pour le groupe Devillé, qui réalise 70 % de son chiffre d’affaires en Europe, 15 % en Asie, 10 % en Amérique et pour le reste ailleurs dans le monde, le choix a été fait depuis quelques années de se diversifier. Le marché de l’automobile représente 85 % de son activité, et il travaille par ailleurs pour d’autres secteurs, entre autres les industries électrotechnique et médicale. " L’objectif est d’atteindre 30 % de diversification en 2030, indique Patrick Fournier. Nous avons identifié comme leviers de développement prioritaires la Défense et le médical, et en second lieu le ferroviaire, l’énergie et l’aéronautique."
Cap sur les États-Unis
Outre ses deux sites de Baugé-en-Anjou, le groupe dispose aussi d’une unité de production en Pologne avec environ 200 personnes, de même que des implantations dédiées à la plasturgie, à Beaucouzé (Maine-et-Loire), Chasseneuil-du-Poitou (Vienne) et Jihlava (République tchèque) depuis la reprise de ces entités au groupe Altia en 2014. Depuis quelques années, il réfléchit à une implantation aux États-Unis, via l’acquisition d’un sous-traitant automobile, pour être fournisseur sur le marché local. Initialement envisagée pour 2024, cette opération de croissance externe a été retardée, devant une conjoncture incertaine et les soubresauts géopolitiques que connaît la planète depuis plusieurs mois. "Même si ce projet d’acquisition n’est pas avancé pour l’instant, nous n’arrêtons pas pour autant les démarches", assure Patrick Fournier. En attendant de concrétiser cette future implantation outre-Atlantique, le groupe Devillé poursuit sa marche en avant : Il prévoit cette année encore une quarantaine de recrutements à Baugé-en-Anjou.