Desk aime voyager. Après sa création à CentraleSupélec Paris en 2021, la start-up spécialiste du logiciel de coworking (6 salariés) a rejoint la pépinière d’Agde (Hérault) en 2022, avant de poser ses valises à Montpellier. Un nouveau départ pour mieux négocier un cycle stratégique : elle boucle sa première levée de fonds, d’un montant d’un million d’euros, auprès de business angels de CentraleSupélec, de clients et de family offices, avec le soutien de Bpifrance et de la Région Occitanie.
L’atout de la simplicité
Ce financement permettra à Desk d’amplifier le pivot suivi depuis 2024 : après avoir démarré son activité comme plateforme référençant des lieux de coworking classiques et atypiques, elle a élargi son offre en éditant un logiciel qui automatise la gestion et la commercialisation d’espaces de travail partagés. "Le coworking a connu un fort engouement après le Covid, mais le marché a bien changé. Les logiciels métiers se complexifient, sans doute trop pour des gérants indépendants qui ont souvent d’autres obligations. De notre côté, nous misons sur la simplicité d’usage, tout en développant de nouvelles fonctionnalités au fil de l’eau", explique Julian Domercq, cofondateur de Desk aux côtés de Pierre-Louis Schnitzler.
De nouvelles ambitions en Europe
La start-up continue à référencer des lieux de travail partagés : elle en propose 200 à ce jour, avec l’objectif d’atteindre le cap du millier dès l’an prochain. Mais l’activité est désormais tirée par le logiciel de gestion qui, vendu sous forme d’abonnement, assure "plus de récurrence de revenus", selon le start-upeur.
Pour rayonner davantage, Desk actionne son développement à l’international : elle a finalisé une version francophone du logiciel pour attaquer les marchés belge et suisse en 2026. Elle planche aussi sur une version anglaise, afin de se lancer outre-Manche l’an prochain. "Les demandes nous arrivent spontanément, émanant le plus souvent d’espaces indépendants. Mais nous sommes aussi approchés par de plus gros réseaux, qui peuvent compter jusqu’à 10 espaces. C’est l’avantage d’un produit vendu sur étagère", commente Julian Domercq.
Nouvelles approches du coworking
Les fonds levés permettront aussi à Desk de recruter. La pépite projette 4 embauches d’ici la fin d’année, en musclant notamment sa force commerciale. "De nouvelles tendances apparaissent dans le coworking, qui ne se limite plus aux bureaux. En matière de santé et bien-être notamment, de plus en plus de naturopathes ou de masseurs utilisent des locaux professionnels partagés. Nous nous orientons aussi vers cette cible, en aidant ces acteurs à rentabiliser leur démarche", poursuit Julian Domercq.
Surfer sur les progrès de l’IA
Le logiciel conçu par Desk vise deux publics. D’un côté, les utilisateurs des espaces de travail, qui peuvent réserver en ligne, gérer leurs crédits d’utilisation, etc. De l’autre côté, les gérants eux-mêmes, à qui l’outil propose de multiples fonctionnalités : pilotage des réservations et des contrats, facturation, synchronisation des contrôles d’accès, etc.
En levant des fonds, Desk ambitionne ici de recruter des profils techniques pour profiter des avancées de l’intelligence artificielle (IA). "L’intégration de l’IA permet d’automatiser au maximum les fonctionnalités de la plateforme. Pour les gérants, elle facilite notamment la commercialisation des espaces auprès des clients finaux. Mais les progrès de l’IA sont si rapides que le challenge pour Desk est désormais d’avoir assez d’expertise en interne pour rester à la pointe de l’état de l’art !"