2009 restera une année sombre pour Descours & Cabaud. Le groupe lyonnais de négoce en fourniture pour l'industrie et le bâtiment a perdu plus d'un quart de son chiffre d'affaires consolidé (- 26,4%) en l'espace d'une année. «On n'avait pas vu ça depuis la guerre», remarque même Pierre de Limairac, le P-dg du groupe. Le résultat net du négociant s'effondre même de deux tiers, passant de 27,9M€ en 2008 à 9,6 M€ l'an dernier. Cette situation historique a conduit le groupe à licencier près de 10% de ses collaborateurs, soit 1.350 salariés principalement en Espagne, en France et aux États-Unis. Il a également divisé par deux ses investissements (31M€ au lieu des 72M€ en 2008), en limitant notamment ses prises de participation. Parmi les activités les plus touchées, les ventes de produits métallurgiques (17% du chiffre d'affaires) ont particulièrement souffert de la baisse des tonnages mais aussi du recul du prix à la tonne (- 30%). «Les prix des produits métallurgiques sont actuellement au niveau de 2005. Nous nous attendons à une nouvelle baisse d'ici à la fin de l'année», précise Pierre de Limairac. Idem pour les produits du négoce technique (14% du chiffre d'affaires) destinés à l'industrie qui ont subi une chute vertigineuse de 30 à 50%. Du côté de l'activité Quofi (quincaillerie, outillage et fournitures industrielles), qui représente la plus grosse part du chiffre d'affaires (27%), la baisse s'est maintenue autour de 7%. L'activité chauffage, ENR, sanitaires, plomberie et métiers de l'eau a, elle, reculé de près de 20%. Pour sortir de ce marasme, Descours&Cabaud entend miser sur le développement des produits destinés aux métiers de l'eau (assainissement...), aux réseaux secs (fibre optique, réseau électrique enterré...) ainsi qu'aux produits sanitaires et au matériel de chauffage.
Signes de reprise
«L'objectif est d'atteindre les 3% de croissance en 2010», avance prudemment le P-dg du groupe qui prévoit également de s'attaquer aux marchés italien, autrichien et portugais dans les prochaines années. Premiers signes de reprise, les cinq premiers mois de l'année 2010 enregistrent une hausse de 5,5% par rapport à l'an dernier pour l'activité industrielle représentée par l'enseigne Dexis (20% du chiffre d'affaires). «Nous avons beaucoup travaillé sur la logistique avec notre plateforme Transdexis et sur la dynamique commerciale», justifie Pierre de Limairac qui avait choisi de ne pas toucher à ses équipes commerciales au moment de la vague de licenciements. S'agissant de l'activité BTP générée par l'enseigne Prolians (80% du chiffre d'affaires), le chiffre d'affaires accuse encore un léger recul (- 1,5%) en début d'année en raison notamment des intempéries qui ont fortement perturbé le secteur.
Le groupe de négoce lyonnais se remet à peine d'une année 2009 particulièrement difficile. Il envisage prudemment une croissance autour de 3% en 2010.