Delta drone/Delair Tech : Décollages imminents
# Industrie # Levée de fonds

Delta drone/Delair Tech : Décollages imminents

AÉRONAUTIQUE. L'une est toulousaine, l'autre est grenobloise. Delair Tech et Delta Drone ont lancé depuis quelques mois la production industrielle de leurs drones. Leurs marchés et stratégies sont similaires, les désignant de fait comme des concurrentes frontales.

Créée à Toulouse en 2011, Delair Tech emploie aujourd'hui trente personnes, a réalisé un chiffre d'affaires de 220.000 euros en 2013 et table sur 1,5 million d'euros en 2014. Son créneau ? Les mini-drones de longue endurance. Deux produits sont déjà opérationnels : le drone DT 18, vendu à partir de 350.000 euros, pèse deux kilos et peut parcourir 100 km ; le second, intitulé DT 26, est plus endurant. Des premiers vols commerciaux ont eu lieu en juin dernier pour EDF et la SNCF, pour un début des ventes à l'automne 2014. Fondée la même année, le Grenoblois Delta Drone fait aussi figure de "success story". Trois ans après sa création, la start-up emploie 70 personnes, a réalisé un chiffre d'affaires de 696.000 euros en 2013 et produit de manière industrielle des drones de deux kilos (Delta Y) et quatre kilos (Delta H). Plutôt que la vente, le Grenoblois a choisi de louer ses engins, au prix de 2.500 euros mensuels, notamment. Anciennement société anonyme avec directoire et conseil de surveillance, Delta Drone est devenue cet été une SA avec un conseil d'administration. « Delta Drone a terminé sa phase de constructeur, pour entrer dans une phase de gestion et finances », affirme Frédéric Serre, fondateur et ancien président du directoire, occupant aujourd'hui le poste de directeur du développement et de l'innovation. Ce dernier s'attend à « une très forte croissance du chiffre d'affaires en 2014 ».




Le marché

Plusieurs applications sont visées par Delair Tech. Inspection pour des gestionnaires de sites industriels (infrastructures linéaires : voies ferrées, pipelines et mines), surveillance pour ces mêmes acteurs (cette fois-ci demandant du temps réel, donc avec un traitement photo et vidéo plus exigeant) et applications liées à l'agriculture de précision. « Ces marchés sont estimés entre 10 et 20 milliards de dollars annuels dès 2020 », annonce Benjamin Benharrosh, directeur du développement de Delair Tech. Parmi ses clients, on compte de gros acteurs français comme EDF, la SNCF ou Total, mais aussi des clients étrangers puisque 60 % du chiffre d'affaires est réalisé à l'export. Les clients de Delta Drone sont eux aussi multiples, des acteurs de la montagne (prévention des risques, maintenance, secours) à ceux de l'agriculture céréalière (mesures de surfaces, détection d'anomalies) ou de l'industrie (ingénierie, maintenance d'infrastructures), en passant par les carrières et géomètres (mises à jour de données cartographiques et topographiques) ou les responsables des réseaux (cartographie et inspection de lignes). ERDF se révèle d'ailleurs être l'un des premiers clients de Delta Drone. Mais l'un des plus gros marchés à venir, selon Frédéric Serre, c'est celui des sports et loisirs pour la promotion de sites touristiques, de souvenirs de vacances ou d'exploits sportifs. Le club de rugby grenoblois, le FCG, a déjà trouvé un intérêt à ces drones : la mise en place de stratégies de jeu. Le seul marché que se refuse Delta Drone est celui du militaire, par choix éthique.




Le financement

Même stratégie pour les deux sociétés : la levée de fond. Delta Drone a entrepris un renforcement des capacités financières du groupe, avec une levée de fonds en plusieurs temps. Une levée de 3,9 M€ a déjà été réalisée en novembre 2013 auprès d'« un fonds d'investissement et par un cercle restreint d'investisseurs qualifiés privés » ; la seconde phase de plusieurs millions d'euros est en cours et permettra, selon Frédéric Serre, « d'atteindre une phase de rentabilité en 2016 » et d'accélérer le développement à l'international du groupe. Delta Drone souhaite en effet conquérir le marché américain début 2015, date à laquelle les drones civils seront autorisés. Quant à Delair Tech, la société toulousaine a clôturé en novembre 2013 également une levée de fonds de trois millions d'euros auprès du holding Andromede, de plusieurs investisseurs privés et de la société Parrot, déjà ancrée dans le marché des drones grand public. Objectif : financer la création d'un outil industriel pour produire cent systèmes par an dès 2014. Tout en renforçant l'équipe commerciale - notamment sur l'international - et en investissant dans la R & D.




Les perspectives

Un seul mot d'ordre : l'international. « Nous voulons monter un réseau de distribution à travers le monde, avance Benjamin Benharrosh. Nous sommes déjà présents au Canada, aux États-Unis, en RDC et en Indonésie. Il faut transformer notre avance technologique sur nos concurrents en avance commerciale ! » Delta Drone se prépare aussi à conquérir le monde, multipliant les partenariats : avec l'américain Airware, concepteur et fabricant de pilotes automatiques et de systèmes électroniques associés pour les drones civils ; avec Wipro, leader sur le marché des TIC ; avec Arvalis et la division "Defence and Space" d'Airbus ; ou encore avec le groupe Sporever dans le domaine de la production audiovisuelle - qui abrite d'ailleurs dans ses locaux parisiens un centre de formation pour les pilotes de drones.

Groupe Delta Drone



(Grenoble - 38) P-dg : Christian Viguié 70 salariés CA 2013 : 696.000 € 04 27 46 51 54 www.deltadrone.com

Delair tech



(Toulouse - 31)


P-dg : Michaël de Lagarde 30 salariés CA 2013 : 220.000 € 05 82 95 44 06 www.delair-tech.com

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