Défi Composite : Le programme commun de R&D est lancé
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Défi Composite : Le programme commun de R&D est lancé

Quarante-six partenaires de huit régions se regroupent pour tenter de combler le retard français sur les matériaux composites à base de fibres de carbone. Baptisé Défi Composite, leur programme commun de R & D doit faire émerger des applications innovantes destinées au secteur des transports.

Plus 7% par an. C'est à ce rythme que croît le marché européen des composites à base de fibres de carbone depuis plus de dix ans. Si la France a bien pris la mesure de l'enjeu d'avenir que constituent ces fameux matériaux, elle ne contribue aujourd'hui qu'à hauteur de 15% dans la production européenne, loin derrière l'Allemagne (28%) par exemple. Pourtant, de nombreuses initiatives sont recensées à travers l'Hexagone. «Il y a deux ans et demi, une réflexion a débuté sur les moyens dont nous disposions pour faire avancer les composites en France, se souvient Jean-Marc Thomas, président délégué d'Airbus France. Étant nombreux dans différents secteurs à mener des programmes de recherche autour de ces matériaux, nous avions clairement tout intérêt à faire cela de façon coordonnée, mutualisée.» La traduction de cette recherche de synergies se nomme Défi Composite. Ce programme de R & D, qui tire son nom de sa finalité - «Doper les Entreprises Françaises par l'Innovation dans les matériaux Composites à hautes performances» - vient d'officialiser son démarrage après que la Commission européenne a donné son feu vert à l'État français pour lui accorder, via Oséo, une aide de 63,2M€ (sur les 137M€ que coûtera le projet au total). Tous les partenaires se sont réunis le 5décembre dernier pour un symposium chez leur chef de file, Airbus, au cours duquel ont été dévoilées les grandes lignes de Défi Composite.




Dix lots de recherche

«C'est la première fois qu'un tel projet transverse voit le jour», souligne Jean-Marc Thomas, avant de rappeler que ce sont 46 partenaires de huit régions françaises différentes (cf. ci-dessous) qui vont travailler en étroite collaboration pendant trois à quatre ans sur l'introduction de matériaux composites dans les futurs moyens de transport. De ces travaux de R & D doivent émerger des applications innovantes, destinées tant au secteur aéronautique qu'à celui de l'automobile, du ferroviaire ou du transport nautique. Concrètement, le programme va s'articuler en dix lots de recherche, chacun étant porté par un industriel (cf. ci-dessous). Hormis le lot de management du programme confié à Airbus, tous sont des lots techniques, dont les activités sont tournées vers la réalisation de démonstrateurs génériques de sous-ensembles. Le plus conséquent (66,5M€ sur trois ans) est placé sous la houlette d'Airbus France et porte sur la réalisation d'une pointe avant monobloc équipée entièrement en matériau composite pour de nouvelles générations d'avions. «Pour nous, l'enjeu est de taille car, à l'heure actuelle, le nez du fuselage est un concentré de difficultés tant sur la forme que sur les contraintes», résume Virginie Charbonnier, du service R & D d'Airbus France.




La masse au coeurdes préoccupations

Pour l'avionneur comme pour les autres industriels, la préoccupation majeure est aussi de réduire la facture énergétique grâce à des matériaux composites permettant de diminuer considérablement la masse des matériels et d'améliorer leurs performances mécaniques. La société Sora Composites travaille par exemple sur un châssis automobile composite qui permettrait de gagner 100kg sur le châssis de 250kg d'une C5. De même, chez Ratier-Figeac, des équipes de R & D planchent sur «une pale d'hélice de nouvelle génération qui répondrait aux besoins des avionneurs en termes de coûts, de performance et de masse», confie le vice-président Laurent Rasmont. Rappelons que le premier avionneur à avoir relevé le plus gros défi technologique en la matière s'appelle Boeing (avec son avion «tout composite», le B787) mais que la France entend bien s'imposer à nouveau dans la compétition internationale du composite. Le programme Défi Composite permet en tout cas de l'envisager. Aline Gandy

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