La crise n'est pas encore terminée et les statistiques du Tribunal de commerce de Nantes viennent le rappeler. En 2010, il a ouvert 685 procédures collectives, contre 704 en en 2009. Des procédures de liquidations, de redressement ou de sauvegardes qui ont même concerné davantage de salariés en 2010, 1.897 contre 1.705 en 2009, en raison notamment des difficultés touchant des sociétés importantes telles que Leduc à Ligné et MHS à Nantes. Cependant ce sont bien les TPE, qui sont le plus souvent en grande difficulté. «Le gouvernement a fortement encouragé ces dernières années la création d'entreprises mais on constate que beaucoup doivent cesser leur activité après deux ans d'existence», constate Philippe Thibault, président du Tribunal de commerce. À l'inverse, les PME de 20 à 30 salariés semblent faire l'objet de toutes les attentions. «Beaucoup ont dû puiser dans leur trésorerie pour passer le plus dur de la crise et peuvent éprouver des difficultés au niveau de leur fonds de roulement. Pour ces PME, les banques sont très attentives et les accompagnent dans leur structuration», poursuit Philippe Thibault.
Contentieux entre entreprises
Si jusqu'à présent les chefs d'entreprise avaient tendance à venir trop tardivement solliciter la protection du Tribunal, les choses tendent à évoluer, en témoigne le nombre de procédures de sauvegarde qui progresse chaque année. «Les entrepreneurs viennent nous voir plus tôt qu'avant, c'est vrai, mais c'est encore souvent trop tard», déplore le président du tribunal de Commerce. À noter enfin que le nombre de contentieux entre entreprises (impayés, livraisons non conformes, etc.) est en progression de 11% par rapport à 2009, signe d'une conjoncture qui reste délicate.
Conjoncture Le Tribunal de commerce de Nantes a enregistré en 2010 un léger recul du nombre de procédures collectives, signe d'un climat économique encore tendu.