«Déculpabilisons face à l'argent»
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«Déculpabilisons face à l'argent»

Maxime Piolot
Philosophe et formateur


Capitalisme et responsabilités. Tel était le thème de votre dernière conférence dans le Morbihan, à l'ESC Bretagne à Vannes. Quel en était le message?

«Mon souhait est de retirer les clichés qui nous empêchent de voir la réalité à propos de l'argent, du travail, du capitalisme et du socialisme. Ceux qui disent que les choses sont simples sont des menteurs. La liberté est une belle chose si on est responsable. Plus on est libéral, plus on doit être responsable. Car la liberté a ses limites là où elle commence à nuire aux autres.»


Pour vous, il n'y a pas à culpabiliser face à l'argent...

«Pourquoi travaille-t-on? Pour gagner de l'argent? Pas seulement. Le cordonnier travaille pour que les gens aient des chaussures aux pieds. Nous travaillons pour être utiles au monde. Les chefs d'entreprise prennent des risques, font des sacrifices pour aider les gens à vivre dignement. Les actionnaires en investissant dans des projets prennent aussi des risques. Si c'est un échec, ils perdent tout. Mais ils peuvent aussi beaucoup gagner.J'aime l'argent pour pouvoir faire de grandes choses. Il n'y a pas à culpabiliser si l'argent est entre des mains honnêtes et généreuses.»


L'argent peut-il ainsi être mieux redistribué?

«Les chefs d'entreprise doivent se battre pour réussir mais pas en vendant des produits sordides. Ils ne sont pas obligés non plus de sous payer leurs salariés. La notion de salaire est ainsi très complexe, elle dépend des besoins de chacun, et également de l'ancienneté. Ce que gagne un footballeur en une journée représente un siècle pour un homme normal. C'est très grave, et cela dénature la notion de salaire. Nous devons être à la recherche du mieux possible, voire du moins mal possible.» (Photo: Alain Mata)

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