« On se connaît depuis l'enfance avec Martin et nous avons rêvé devant les grands joueurs sur gazon à Wimbledon comme Edberg et Becker lorsque nous étions adolescents. Nous avions cette passion commune du tennis et cette forte amitié sans lesquelles rien n'aurait été possible », explique enthousiaste Grégory Brussot. Pour passer du rêve à une réalité tangible, il a fallu du temps aux deux amis et d'abord, réussir leur parcours de chefs d'entreprise. Martin Besançon a monté une société de communication à Caen, spécialisée dans le graphisme, dès l'âge de 21 ans. Quant à Grégory Brussot, il a fait carrière dans le marketing sportif et l'événementiel, pour la Fédération française d'athlétisme puis comme directeur de la filiale française d'Octogone une agence dédiée au marketing sportif et notamment sponsor des tournois du Grand Chelem : « J'ai été amené à travailler à Wimbledon et j'y ai noué de précieux contacts qui nous ont servi pour monter notre projet », précise Grégory Brussot devenu indépendant en 2007 suite à la création de son agence d'événementiel et marketing Ex-Aequo (Paris et Caen).
4,5 M€ pour le Wimbledon à la Normande
C'est suite à la lecture d'un article de presse sur l'absence de terrains de tennis sur gazon en France que l'idée de créer un club dédié au jeu sur herbe refait surface chez Grégory Brussot. « Nous étions devenus entrepreneurs indépendants tous les deux et j'avais un réseau à Wimbledon. C'était le bon moment. Martin à tout de suite été intéressé », se félicite le co-fondateur du Lawn tennis club de Deauville, concept unique en France composé de 14 courts de tennis sur gazon naturel (dont 10 déjà accessibles) avec un central modulable jusqu'à 5.000 spectateurs, un club house avec restaurant et bar, un espace lounge et un pro-shop à disposition, le tout pour un montant de 4,5 millions d'euros. Un financement mixte privé/public composé pour un tiers d'institutionnels (Région Normandie, Département du Calvados, Ville de Deauville, Ville de Trouville, intercommunalité Côte Fleurie et Fédération française de tennis), 1/3 par l'emprunt et l'autre tiers par les deux associés et quatre chefs d'entreprises normandes : François Maurey d'Eurofinance, Thierry Larcher patron de l'entreprise Larcher spécialisée dans la plomberie et les piscines, Régis Lacoste (couverture Delaubert à Caen) et Jean-Yves Jore (Caen Repro à Caen).
La cible entreprise
Si la partie pratique du tennis doit représenter 60 % du chiffre d'affaires du Lawn tennis club, les 40 % restants concerne les entreprises notamment via les partenariats ou sponsoring. Pour cela, les deux associés ont lancé le Wimbledon, un club d'entreprises déjà fort d'une vingtaine de membres depuis l'ouverture du Lawn tennis club le 15 juin dernier. « Nous voulons proposer un club business sur cette zone de la Côte Fleurie, car hormis l'hippodrome pendant l'été, il n'y a pas vraiment de réseau d'entreprise en pays d'Auge. Nous souhaitons nous approcher des modèles du HAC pour Le Havre et du stade Malherbe à Caen », assure Grégory Brussot. Au programme également, la possibilité pour les entreprises d'organiser leurs événements et séminaires au club avec des offres sur-mesure du type team building avec matinée de travail et matchs de tennis l'après-midi, une salle de 50 places assises et jusqu'à 120 personnes en mode conférence, ou encore de privatiser l'espace du club house pour des cocktails jusqu'à 250 personnes.
Attirer les joueurs
« Notre enjeu ici c'est de pouvoir, petit à petit, attirer tous les tennismen français passionnés car notre structure est pensée pour le territoire français, même si notre base concerne Paris et la Normandie », espère Grégory Brussot. Pour l'instant, seul un tiers de la clientèle du Lawn tennis club provient d'autres régions en dehors de Paris et la Normandie, avec une majorité de clients parisiens. Pour la suite, les ambitions des deux associés sont vastes puisque la France compte 3 millions de joueurs de tennis dont un million de licenciés : « Pour bien fonctionner, nous avons besoin de 5.000 heures louées dans l'année (40€ pour deux joueurs et 60€ pour un double), entre stages et cours. Et nous souhaitons avoir au moins 200 membres actifs », déclare Grégory Brussot. Ouvert d'avril à octobre pour les courts de tennis et toute l'année pour le restaurant et les autres services du type club d'entreprise et location de salles, le Lawn tennis club veut devenir une référence : « être un club pour les clubs, un centre national de jeu sur gazon. Faire découvrir l'expérience unique du gazon et devenir le lieu d'entraînement avant Wimbledon des joueurs pro ». Un tournoi exhibition a lancé la première saison du Lawn tennis club et sera à l'affiche chaque année avant peut-être de devenir un tournoi ATP ?
Sébastien Colle
Lawn tennis club : 06.14.90.59.20 - Mail : @email