« Parfois, je me suis demandé ce que j'avais fait pour me retrouver en plein mois de janvier, suspendu dans un arbre à 15 m de haut, une tronçonneuse à la main, à prendre la grêle et me faire insulter parce que des branches coupées tombaient sur la route... Mais je n'ai jamais regretté mon choix. Aujourd'hui, j'ai le sentiment de faire un métier concret et non plus de vendre du vent toute la journée, comme je l'ai fait pendant plus de quinze ans... Mon père était médecin et moi j'avais envie d'entrer rapidement dans la vie active, par le biais d'une fonction commerciale. En 1993, j'ai décroché mon diplôme de délégué médical à Cahors et j'ai ensuite été embauché par un labo pharmaceutique allemand pour aller faire ce qui, sur le papier, s'appelait de « l'information thérapeutique ». En réalité, mon travail consistait à faire de la route pour aller voir entre cinq et sept médecins généralistes ou spécialistes par jour, dans le Gers, le Tarn-et-Garonne et le Lot-et-Garonne, et leur vendre des médicaments. Pour cela, on vous fait apprendre par coeur des argumentaires en séminaire, que vous allez ensuite réciter à des médecins qui n'ont que très peu de temps à vous accorder. La seule chose qui me plaisait dans ce travail, c'est qu'il me laissait du temps pour faire mon jardin, avec malgré tout un salaire de cadre et une voiture de fonction. »
L'intérim pour se faire une première expérience
« À la naissance de mon premier fils, j'ai décidé qu'il était temps que j'arrête de passer à côté de ma vie. J'ai négocié mon départ et je suis aller frapper à la porte d'une agence d'intérim. Car même si j'avais déjà pour projet de me mettre à mon compte, je n'avais aucune expérience. Je n'oublierai jamais ce premier boulot d'intérimaire, au mois d'août 2009 : huit heures par jour, deux mois durant, j'ai arpenté les talus de la rocade du Palays avec une débroussailleuse sur le dos. C'était harassant et j'avais divisé mon salaire par trois mais ça me semblait le prix à payer pour débuter dans le métier. En avril 2011, j'ai validé un brevet professionnel dans le domaine des jardins, des espaces verts et de l'aménagement paysager, après une formation de neuf mois au CFPPA (Centre de formation professionnelle et de promotion agricoles) d'Auterive. En parallèle, j'ai travaillé en Cesu (chèque emploi service universel) et j'ai utilisé mon indemnité de départ pour acheter un peu de matériel avant de me lancer définitivement. Le 1er novembre 2011, l'EURL Le Chêne & le Hérisson était créée ! »
Une clientèle mixant particuliers et professionnels
« J'ai démarré avec quelques clients particuliers qui m'ont suivi mais j'ai aussi voulu mettre à profit mon expérience de commercial pour convaincre des entreprises de me confier la création ou l'entretien de leurs espaces verts : 5.000 m² à tondre sur la journée, ça demande une activité physique importante et un certain équipement (près de 80.000 € investis à ce jour, ndlr) mais avec du chiffre d'affaires récurrent à la clé. Aujourd'hui, une vingtaine d'entreprises de toutes tailles me font confiance sur la région toulousaine - Liebherr, Jung-heinrich, Intermarché, Campanile... - et je suis fier de pouvoir dire que je n'ai encore perdu aucun contrat d'entretien ! Je travaille beaucoup et avec application, pour livrer des espaces verts dans le même état que les voudrais chez moi et mes clients apprécient. A la fin de la première année, j'ai recruté mon premier collaborateur et, depuis juillet dernier, un apprenti nous a rejoints. L'entreprise est bénéficiaire depuis son premier exercice et tout est réinvesti. Ce qui fait qu'aujourd'hui, je suis équipé pour répondre aux demandes ponctuelles ou régulières des particuliers comme des professionnels, quelle que soit la surface. À ce jour, un chiffre d'affaires de 120.000 € est déjà assuré et j'aimerais atteindre les 150.000 € à fin décembre. La difficulté, dans ce métier, c'est qu'on est tributaire de la météo et qu'il faut gérer les pics et les creux d'activité. Il faut aussi faire avec les retards de paiement et les lourdeurs administratives mais pour rien au monde je ne reviendrais à mon ancienne vie ! »
Le Chêne & le Hérisson
(Bouloc) Gérant : Vincent Couderc Un salarié, un apprenti CA 2013 : 102.000 € 06 20 86 39 23 www.lecheneetleherisson.com