DCNS : Objectif : accéder au «championship» européen
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DCNS : Objectif : accéder au «championship» européen

Réduction drastique du nombre de fournisseurs, gain de productivité de 20 à 30%, multiplication du chiffre d'affaires par deux: Patrick Boissier le nouveau, patron de DCNS, rêve de faire du groupe français un champion européen.

«Championship»: voilà le nouveau gimmick de DCNS. En décembre, Patrick Boissier, son P-dg, a présenté ce plan stratégique à l'horizon 2010. Il vise une augmentation de 50 à 100% du chiffre d'affaires d'ici à dix ans. Sa réalisation est conditionnée à une amélioration de la compétitivité de l'ordre de 20 à 30%. Au pas de course, c'est-à-dire dès 2013. Pour cela, il faudra concevoir des navires faciles, simples à tester et à entretenir, pousser la satisfaction clients et tenir les marges délimitées au moment de la signature des contrats.




Rationalisation

Le plan passe par une réorganisation logistique et une rationalisation des achats. «Comment être leader si 50% du coût du navire n'est pas réalisé par les meilleurs dans leur domaine?», interroge Patrick Boissier qui estime que 8.000 fournisseurs, «c'est beaucoup trop. Il faut diviser au moins par deux leur nombre, trouver une autre façon de travailler avec des engagements sur les volumes. Associer les fournisseurs à la démarche de définition des produits permet d'être plus efficace.» Sur le volet de l'emploi, «il n'y aura pas de plan social», promet le numéro1 de DCNS qui néanmoins ne prend «jamais aucun engagement d'effectifs.»




Leadership à l'export

Selon lui, l'évolution est structurelle. Le marché français de la construction neuve et de l'entretien de la flotte (78% du chiffre d'affaires) sera stable dans les dix ans et devrait décroître ensuite. Le budget de la Marine se réduit. Les bateaux toujours plus modernes demandent moins d'entretien. Quant à la concurrence pour le maintien en conditions opérationnelles, elle se renforce d'année en année. DCNS doit donc se diversifier. D'abord à l'international. L'ancien patron des chantiers de l'Atlantique vise le leadership à l'export. «Dans la construction neuve, le potentiel est fort. On l'estime à 2,5Md€ par an sur les dix prochaines années, pour des bâtiments de surface et des sous-marins». L'Asie, le Moyen-Orient et l'Amérique du Sud recèlent la plus forte capacité. «Notre objectif est de doubler voire tripler notre part de marché accessible (17% actuellement)». DCNS veut aussi développer les services aux bases navales et de défense, via Défense Environnement Services, la joint-venture créée en 2009 par Veolia et DCNS. Autre fer de lance, le nucléaire civil pour la maîtrise d'ouvrage de sous-ensembles, la fourniture d'équipements ou des prestations de service pour des clients comme EDF ou Aréva. «DCNS a construit et intégré 18 centrales nucléaires dans ses sous-marins», rappelle Patrick Boissier. Objectifs: 300 à 400M€ annuels d'ici à dix ans. DCNS confirme enfin son engagement dans les énergies marines renouvelables. Un marché embryonnaire, qui représentera plusieurs «milliards d'euros à moyen terme.» Patrick Boissier annonce la création d'un «incubateur» à Brest pour s'investir sur quatre segments et construire des démonstrateurs dans les domaines de l'énergie thermique des mers, l'hydrolienne, l'éolien flottant et les énergies de la houle.

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