Dauphinoise Thomson, fabricant grenoblois de pièces mécaniques, est un équipementier automobile de rang 1, c'est-à-dire qui travaille directement avec les constructeurs. Jacques Claverie, son président, détaille les avantages, «un contact direct avec les bureaux d'études des clients et une image de marque», mais aussi l'inconvénient majeur, «une très forte pression économique et de productivité». Ce dernier point est d'autant plus marqué alors que le secteur automobile subit la crise mondiale de plein fouet.
Baisse des commandes
«L'automobile représente 75% de notre chiffre d'affaires. Et la réaction des constructeurs à la crise a été particulièrement rapide. Ils nous donnent des prévisions de commandes à trois mois mais les commandes fermes ne se font qu'à une semaine. Or, en une semaine début octobre, les commandes ont baissé de 20%.» La crise s'enchaîne d'ailleurs avec une délocalisation en Europe de l'Est depuis deux, trois ans. Il y a donc une forte pression des constructeurs pour que les sous-traitants délocalisent aussi la production. Jacques Claverie doit donc faire face à un dilemme: «satisfaire la productivité requise par les constructeurs mais maintenir l'emploi sur place».
Pour cela, la société achète ses composants dans «les pays à bas coûts avec une stratégie commerciale très agressive.
Résister à la délocalisation
Mais le coût de la main-d'oeuvre française n'étant pas compétitif, l'assemblage est automatisé et robotisé». Cette stratégie permet à Dauphinoise Thomson de conserver son savoir-faire et sa réactivité, tout en ayant des prix attractifs. Elle met également l'accent sur la R & D. «Nous avons dû nous séparer de la trentaine d'intérimaires, nous limitons les embauches à des experts en robotique et, pour conserver l'emploi existant, nous proposons des formations qualifiantes à nos ouvriers en leur ouvrant des perspectives d'évolution.» La quadrature du cercle serait-elle ainsi résolue? «Nous avons aussi remporté de nouveaux marchés avec des produits qui entreront en production courant 2009, ce qui devrait compenser la perte de commandes et nous permettre de passer la crise, estime Jacques Claverie. Sauf qu'il reste beaucoup d'inconnues.» Alors la société tente de développer son deuxième marché, celui de la domotique, et d'«être créatif pour trouver de nouvelles applications à nos technologies».
L'équipementier automobile Dauphinoise Thomson doit faire face à la crise du secteur et aux pressions des grands donneurs d'ordre.