VcomK accompagne les entreprises, essentiellement régionales, dans leur stratégie de marketing et communication, et le développement de leur marque. Beaucoup, notamment dans les métiers de la communication, voient en l’Intelligence artificielle une menace. Qu’en pensez-vous ?
Au début, nous nous sommes évidemment demandé quelle ampleur cela allait prendre. Oui, l'IA est un tournant majeur dans notre métier, dans beaucoup de métiers d’ailleurs, mais elle est une nouvelle évolution qu’il faut intégrer.
Concrètement, quelles actions avez-vous entreprises pour intégrer l’IA ?
Dans un premier temps, et c’est ce que l’on a fait pendant plus de 18 mois, nous avons essayé de comprendre en profondeur les différentes technologies, par une veille constante, de la formation active continue. J’ai suivi un parcours de formation de 150 heures en e-learning, sur les principes et les applications de l’IA, appliqués spécifiquement au marketing et à la communication d’abord. Sur les aspects techniques mais aussi éthiques et stratégiques. Mon associée, Katia Rasori, s’est également formée.
Il faut d’abord identifier les outils et les utiliser pour comprendre les limites de chacun. Chat GPT, Gemini, Claude, Perplexity… Il faut mettre les mains dans le cambouis, passer des heures à essayer des choses pour en comprendre les possibilités.
Justement, à quoi cela peut vous servir ?
Nous avons réalisé un état des lieux de ce que l'IA peut apporter aux métiers de la communication : de la création de contenu automatisée à l'analyse prédictive des tendances, en passant par le ciblage intelligent et la segmentation ultra-précise des audiences. Nous avons ainsi identifié des points précis où elle peut nous faire gagner du temps et de l'efficacité. Par exemple, dans nos missions de growth hacking pour permettre à nos clients de développer une communauté ciblée : nous intégrons l'IA pour travailler l'hyper-personnalisation des messages.
Sur le plan commercial, c'est aussi un moyen d'accompagner les clients dans des stratégies plus centrées sur la data. En intégrant l'IA dans nos offres, nous les aidons à mesurer, tester et ajuster leurs campagnes avec un niveau de précision inédit. Cela crée une vraie valeur ajoutée.
"Pour ou contre l'IA n'est plus une question... il s'agit aujourd'hui de la maîtriser pour l'intégrer à ses process."
Et pour vous, en interne ?
L'IA nous sert par exemple à de l'analyse prédictive des tendances. Lorsque l'on travaille sur un nouveau secteur d'activité, nous passons énormément de temps à l'appréhender, à le disséquer. Une bonne partie de cette dissection doit être faite par l'IA. Elle nous permet d'avoir une matière première que nous challengeons ensuite.
Être force de proposition pour nos clients nécessite beaucoup de brainstorming. En équipe, nous partons d'une question posée à l'IA qui apporte certains éléments de réponse et nous ouvre des pistes que nous n'avions pas forcément envisagées. En cela, l'IA, c'est génial, mais c'est génial dès lors que c'est maîtrisé. Pour ou contre l'IA n'est plus une question... il s'agit aujourd'hui de la maîtriser pour l'intégrer à ses process.
Cela ne vient donc pas modifier fondamentalement votre manière de travailler ?
L’IA ne change pas nos méthodologies, elle nous permet essentiellement de gagner en efficacité sur certains points ou du temps sur d’autres sans remplacer l’humain. Cela veut dire que dans certains process, on interroge un cerveau de plus. Et un cerveau de plus qui peut consulter des sources.
L’idée, ce n’est pas de remplacer l’humain. En revanche, il est évident qu’au moment de recruter, les attentes vont changer afin d’intégrer des profils qui sont plus que familiarisés à l’IA, qui ont l’esprit IA.
Comment fait-on en attendant pour diffuser la "bonne parole IA" dans vos équipes ?
C’est en train de se mettre en place, petit à petit. Dans un premier temps, nous travaillons sur une approche de mentoring, Katia Rasori et moi-même, pour encourager à son utilisation. En faisant en sorte que chacun ait aussi creusé dans son domaine de spécialisation. Notre directeur artistique utilise certains outils. Notre spécialiste en social management et développement de communauté, en utilise d’autres. Mais à aucun moment, tout est issu de l’IA.