Danjou Peinture : Donner leur chance aux apprentis
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Danjou Peinture : Donner leur chance aux apprentis

Thierry Danjou est un fervent promoteur de l'apprentissage en entreprise. Gérant de l'entreprise Danjou Peinture, à Chartres-de-Bretagne, l'ancien président de la FFB35 a invité des collégiens à rencontrer deux de ses apprentis pour leur montrer les débouchés dans le métier.

«Il faut faire confiance aux jeunes». C'est le message que veut faire passer Thierry Danjou, gérant de la société du même nom. Depuis des années, il fait appel à des apprentis au sein de son entreprise et il n'y voit que des avantages. Pour diffuser ce message et attirer les jeunes qui n'osent pas sauter le pas, il a accueilli une classe de 3e option DP3 (Découverte Professionnelle) du collège rennais Zola au sein de son entreprise. Il avait également convié Julien et Adrien, deux de ses apprentis, afin qu'ils expliquent aux autres jeunes comment se passe leur formation.




Un aménagement spécifique

«Julien et Adrien sont l'exemple type des apprentis qui vont réussir, commente Thierry Danjou devant les deux jeunes un peu gênés. Ils arrivent à l'heure, ils sont attentifs, motivés et ambitieux. Ils ont de l'avenir dans ce métier». Les autres jeunes interrogent: «ne regrettes-tu pas d'avoir quitté l'école? Ce n'est pas trop dur de travailler toute la semaine? Le travail n'est pas trop physique? Est-ce que c'est bien payé?» Autant de questions auxquelles les apprentis ont pu répondre, en toute franchise. Autant de réponses que s'empresse de donner Thierry Danjou, expliquant que c'est aussi à l'entreprise d'aider à l'intégration des apprentis. «Ils vont sur les chantiers mais ne font pas les travaux les plus durs, explique-t-il. Certains n'ont pas fini leur croissance, il faut ménager leur dos. On les change d'équipe pour qu'ils apprennent avec des personnes différentes. Il ne faut pas oublier qu'ils sont en formation». Et ça, Thierry Danjou l'a bien compris. Une partie de son recrutement passe par les jeunes qu'il a formés en apprentissage. «On sait de quoi ils sont capables et ils ont déjà la culture de l'entreprise». Bien sûr, il admet qu'il y a des ratés. «Tout le monde a connu des apprentis pas motivés, qui arrivent en retard et qui font des pauses cigarettes à rallonge, ajoute Thierry Danjou. Ce sont souvent des jeunes qui n'ont pas choisi de se retrouver là.»




Soutien de la famille: essentiel

C'est aussi pour cette raison qu'il souhaite que l'image de l'apprentissage change. «Il faut que le jeune ait choisi et qu'il soit soutenu par sa famille, poursuit-il. Les parents font partie intégrante du projet de formation de leur enfant.» C'est ce qui s'est passé pour Adrien et Julien. Leurs parents ont compris leur souhait de quitter l'école et d'intégrer le monde du travail. «Et puis on passe deux semaines par mois au CFA, précise Adrien. On n'a pas totalement quitté l'école!» La rémunération entre aussi en ligne de compte. Certains patrons trouvent que payer un apprenti revient trop cher par rapport au travail qu'il fournit. «Je ne suis pas d'accord, s'exclame Thierry Danjou. Si on veut attirer des jeunes motivés, il faut les payer, il n'y a pas de secret.» Pour Julien et Adrien, la voie est toute tracée. Ils seront peintres en bâtiment, et aucun d'entre eux ne semble regretter ce choix.

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