Daniel Cornet : Les douze travaux d'Elan

Daniel Cornet : Les douze travaux d'Elan

Après une carrière entière dédiée aux travaux publics au sein du groupe Bouygues, cette ancienne figure de proue du navire Quille, désormais à la tête du groupe Elan, a enfilé son costume d'ambassadeur de Rouen et de la Normandie.

Quand on évoque son départ en retraite le 30septembre dernier, Daniel Cornet rectifie immédiatement: «Je conserve tous mes mandats!» Une mise au point en forme d'avertissement pour ceux qui l'imaginait déjà profiter paisiblement de son temps libre. Car ses «mandats» (CCI de Rouen, Elan...), Daniel Cornet les envisage plus comme le symbole de sa participation active et de son intégration «au tissu de la ville» que comme un tremplin menant vers d'autres responsabilités. Il faut dire qu'en trente-cinq ans de carrière chez Quille, première filiale régionale de Bouygues Construction, l'homme aura connu tous les postes possibles et imaginables. Entré chez le leader normand des travaux publics en 1974 comme ingénieur ENSM (école nationale supérieure de mécanique de Nantes) diplômé du Centre des hautes études de la construction, le natif d'Elbeuf n'aura quitté la direction générale de Quille qu'en 2007 pour prendre la tête de la Direction centrale industrie et concessions France-Europe de Bouygues Construction. Un rôle à dimension européenne venu ponctuer une carrière tout entière dédiée aux travaux publics, entamée avec le chantier du pont Mathilde à Rouen et achevée avec celui du pont Flaubert, aime à rappeler Daniel Cornet.




«Nous ne devons copier aucun modèle»

Mais 2007 marque aussi et surtout pour Daniel Cornet son accession à la présidence du groupe Elan (Entrepreneurs leaders pour l'avenir de la Normandie) dont il fût en 1995 l'un des membres fondateurs. Regroupant des chefs d'entreprises et des «décideurs» locaux, Elan affiche une ligne claire: Le groupe veut apporter sa voix au débat sur l'attractivité de Rouen, «être une vraie force de proposition en initiant ou en soutenant des projets réalistes mais ambitieux». Une profession de foi édictée par Daniel Cornet en personne alors que se dessinait le premier acte fort de sa présidence, la présentation d'une dizaine de groupes de travail autour de grands projets fédérateurs pour le développement de l'agglomération: Contournement Est, approfondissement du chenal de la Seine, liaison ferroviaire avec la Capitale, Campus d'excellence...Etc. «Nous devons jouer sur notre identité et ne copier aucun modèle. Nous devons être capables de trouver notre propre trajectoire», expliquait-il encore.




Lobbying chez Jean-Louis Borloo

Présenté en grandes pompes dans le cadre prestigieux de l'Opéra de Rouen en octobre2008, le projet d'Elan n'était pas passé inaperçu. Le groupe appelait de ses voeux un événement emblématique pour redorer l'image de la ville... Laurent Fabius a annoncé en 2009 le lancement de l'opération Normandie Impressionniste! Et le contournement Est, qualifié à l'époque «d'incontournable» par les membres d'Elan, a depuis été inscrit au Schéma national des infrastructures de transport, non sans un lobbying tenace de Daniel Cornet, présent avec une délégation d'élus locaux dans le cabinet de Jean-Louis Borloo à l'automne dernier! La construction de son histoire rouennaise, Daniel Cornet l'égrène au rythme des grands chantiers qui ont jalonné son parcours professionnel, depuis le pont Mathilde et l'échangeur Saint-Paul jusqu'à la Rocade Nord-Est ou encore le tunnel de la Grand-Mare. Responsable travaux jusqu'en 1989, directeur d'exploitation d'une filiale rennaise du groupe pendant deux ans, puis directeur production travaux publics à Rouen, il devient en 2002 directeur général délégué puis Dg de Quille. Mais Daniel Cornet se défend avant tout d'être carriériste: «A aucun moment je n'ai cherché à sauter les étapes», assure-t-il, affichant toujours la même ligne de conduite: «Je prends une fonction, j'apprends, je mets en oeuvre et je pense à former mon successeur et à évoluer vers d'autres fonctions»! Et comme pour mieux illustrer ses propos, il crée en ce début d'année son propre cabinet de conseil en entreprise, un autre moyen «de transmettre mes acquis».



Guillaume Ducable