Cryostar : 2014 pour digérer la croissance
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Cryostar : 2014 pour digérer la croissance

énergie Après une croissance de 80% sur les deux derniers exercices, la filiale de l'Allemand Linde, basée à Hésingue, anticipe un exercice 2014 plus calme pour digérer cette hausse d'activité. Elle va toutefois agrandir son atelier de production et se doter d'un banc de test dernier cri.

C'est une forme de luxe que de rares entreprises peuvent se permettre dans la conjoncture actuelle. Après avoir enregistré une croissance de 80 % en deux ans, pour atteindre désormais les 291 millions d'euros de chiffre d'affaires, Cryostar, à Hésingue, va connaître en 2014 une stabilisation de son activité. « Nous allons digérer notre progression », confirme Samuel Zouaghi, qui a succédé à Daniel Meyer à la présidence de l'entreprise début 2013, « travailler nos process, nos systèmes et nos flux. Nous reprendrons les pentes ascendantes en 2015 puis 2016 ». Son assurance, un brin déconcertante, repose à la fois sur le bilan des derniers exercices et sur des tendances de marché qui restent fortes. Crysotar est positionnée sur le marché mondial des équipements (turbines de détente, compresseurs et pompes) pour les gaz industriel et naturel ainsi que pour les énergies renouvelables. À la clé, un chiffre d'affaires réalisé à 98 % à l'export. Notamment en Corée du Sud, où sont construits une grande partie des méthaniers que Cryostar équipe. « C'est une conséquence post-Fukushima », explique le dirigeant, « l'arrêt des centrales nucléaires au Japon a engendré une hausse des besoins en gaz naturel ». Du coup, les mises en chantier de méthaniers, qui transportent le gaz liquéfié, restent dynamiques... des bateaux équipés à 80 % par Cryostar, selon Samuel Zouaghi, dont les compresseurs permettent de limiter les risques d'évaporation de gaz. La Chine également, où la demande en énergie (gaz industriel notamment, un secteur historique de Cryostar) reste forte, est également un marché clé de l'entreprise. Ou encore les États-Unis, où l'entreprise bénéficie indirectement de la ruée sur les gaz de schiste.




Haut de gamme et "best cost"

Étonnante position donc que celle de Cryostar : implantée en France, filiale d'un groupe allemand, elle s'exprime pleinement sur des marchés au grand export. Une équation qui fonctionne grâce à une stratégie produit sans équivoque : « Gaz industriel, naturel ou énergies propres, nous n'allons sur ces marchés que quand nous sommes leader en parts de marché ou leader technologique », assure Samuel Zouaghi, dont l'entreprise investit tous les ans 1,5 % de son CA en R&D. Sans oublier un personnel, 500 salariés à Hésingue, ultra-qualifié et régulièrement formé. L'entreprise a ainsi consacré 2,5 % de sa masse salariale à la formation l'an dernier (la loi impose 0,7 %). Un passage obligé pour que ne soit pas remise en cause la compétitivité de la production française : « Notre positionnement n'est finalement pas très éloigné de l'industrie du luxe : savoir-faire, haut de gamme et "best cost" », explique le dirigeant, qui reste discret sur les résultats.




Les marchés d'avenir

Évolutive, la plateforme technologique de l'entreprise lui a aussi permis de prendre pied sur des marchés d'avenir : la géothermie notamment, avec la livraison prévue d'une machine de 12 mégawatts en Turquie fin 2014. Une activité qui ouvre de nouvelles perspectives à Cryostar. Elle veut, sur ce marché, intégrer la conception et « la fourniture complète de solutions » à ses donneurs d'ordres, au-delà de la "simple" turbine qui est le coeur du procédé, « ce que l'on fait aussi sur la liquéfaction du gaz naturel », précise Samuel Zouaghi. L'industriel de Hésingue se développe également sur l'équipement en récupérateurs d'évaporation de méthane des stations de remplissage de véhicules roulant au GNV, une tendance lourde aux États-Unis, en Europe du Nord et en Chine... Au global, l'entreprise affiche un carnet de commandes de 14 mois, soit environ 320 millions d'euros. Ses effectifs ont quasiment doublé depuis 4 ans, et l'entreprise devrait encore embaucher 50 personnes cette année. Elle devrait inaugurer en fin d'année un nouvel atelier, doté d'un banc de tests ultra moderne, pour lesquels 7,5 millions d'euros auront été investis. De quoi mieux comprendre l'assurance du président de Cryostar quand il anticipe des « pentes ascendantes » pour 2015.

Cryostar



(Hésingue) Président : Samuel Zouaghi CA 2013 : 291 millions d'euros 600 salariés Contact : 03 89 70 27 27

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