e. Avec un axiome: répondre à ses besoins. Une période de crise est aussi une période d'opportunités. «Avec des prix d'entreprises qui vont baisser, c'est peut-être le bon moment pour continuer à grandir, expliquait en préambule Marc Chamorel, qui animait la soirée croissance externe en temps de crise organisée par la CCI de la Moselle. La croissance externe est à la portée d'entreprises de 15-20 personnes. Pourquoi ne pas s'offrir du chiffre d'affaires et du personnel qualifié?» En réponse, les différents intervenants (Oséo, experts comptables, conseils, fonds d'investissement régional), observaient que la vague d'opportunités commençait à poindre et qu'il fallait se préparer aujourd'hui pour la prendre dans quelques mois. Aspect positif de la crise, les opérations purement financières devraient laisser la place à des acquisitions inscrites dans des stratégies industrielles. Le marché devrait donc retrouver une juste valeur. «Il ne faut pas trop attendre. Trouver le juste équilibre entre l'opportunité financière et le potentiel stratégique et financier», prévient Donat Haismann, du cabinet d'expertise comptable Ufilor-Exco.
Répondre à un besoin
Mais tout dépend de la stratégie de l'entreprise. «Cela doit correspondre à un vrai besoin, confirme Alain Nani, propriétaire d'Alphatrade (20M€ de CA) à Thionville. Il faut se poser la question de savoir comment et avec qui on le fait». Maria Muller, conseil en croissance externe a livré quelques clés. «La question humaine est la première question à se poser. Le plus compliqué est de faire entrer des équipes et de les coordonner avec l'existant. Il faut regarder s'il y a les hommes en interne pour faire de la croissance externe et si dans la société reprise, il y a la structure humaine pour accompagner le changement». «Nous avons fait le choix de reprendre une entreprise en difficulté car il était plus simple d'adapter notre savoir-faire», explique Martial Munier qui dirige l'entreprise GMT développement basée à Nancy (60M€ de CA en 2008). Pour que l'intégration se déroule au mieux, l'idéal est de réaliser un audit au moment de l'acquisition et un audit d'intégration pour cerner les marges de progrès liées au rapprochement. Il n'y a pas de vérité. Mais si chaque reprise est différente quelques axes restent valables. «L'intégration réussie est réalisée dans les 100 jours, estime Philippe Carrasso du cabinet Red2green. Mais il faut séduire les équipes dans les 20 -30 jours en leur apportant un projetet plus le process est rodé, mieux c'est». Au niveau financier, certains optent pour l'ouverture de leur capital, d'autres misent sur l'indépendance. Quoi qu'il en soit l'effet de levier reste du 1 pour 1. Avec deux conseils majeurs: «Si vous avez de la trésorerie, ne remboursez pas vos prêts. Gardez là en cas de difficulté, précise Jean-Lin Bergé, d'Eurefi», et «refuser la caution personnelle. Si le banquier ne vous la demande pas c'est aussi un outil de validation de votre projet».
Le 17mars, la CCI de la Moselle organisait une conférence sur le thème de la croissance externe en temps de cris