Crise : Les mouleurs en appellent à la plasturgie
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Crise : Les mouleurs en appellent à la plasturgie

Face à une concurrence toujours plus vive des Chinois et des Pays de l'Est, les mouleurs français connaissent une grave crise. Pour s'en sortir, ils se retournent vers leurs clients: les plasturgistes.

Les mouleurs de France souffrent et ils le font savoir. Le mois dernier, plusieurs entreprises de l'Ouest étaient réunies à Rennes pour échanger sur leurs difficultés. Et preuve que leur situation inquiète toute une filière, des plasturgistes de toute la région - leurs clients - étaient à leurs côtés pour tenter de trouver des solutions. Le problème? Des bons de commandes qui s'amenuisent comme peau de chagrin sous le coup d'un phénomène récurrent: la concurrence des pays émergents.




CA divisé par deux en dix ans

«L'automobile représentait un peu plus de 50% de l'activité du secteur», explique Hervé Cadenne, président de l'Association française des industries du moule, maquette et métiers associés (AFIM). «À partir de mi-2008, cette part a chuté de façon conséquente.Cette décroissance est liée à des stratégies d'achat délocalisées, dans des pays low cost.» En ligne de mire: la Chine et les Pays de l'Est qui produisent des moules deux fois moins chers qu'en France. Le résultat est sans appel. «Nous sommes 450 entreprises du moule en France, pour 6.000 salariés. C'était le double en 2000», témoigne Hervé Cadenne. Conséquence d'un chiffre d'affaires passé d'un milliard d'euros à 500M€ en dix ans. Face à cette mort à petit feu, qu'en pensent les plasturgistes? «La plasturgie représente 83% de la clientèle du moule, et dans ces 83%, 60% travaillent pour l'automobile, indique Nicolas Barberot, président du groupement d'industriels de la plasturgie Plasti Ouest. Si l'automobile délocalise ses moules, alors les mouleurs disparaîtront de France et c'est dangereux pour nous, car on aura énormément de mal à faire faire les outillages.» Côté solutions, quelques pistes sont avancées. «Le projet est de jouer collectif, explique Nicolas Masson, secrétaire général adjoint de Plasti Ouest. Sur la mutualisation des capacités et une vision stratégique partagée.» «Cela veut dire concentration», traduit Jean-Claude Angeniard, patron d'une entreprise de moule dans le Maine-et-Loire.




Des taxes?

La piste des taxes à l'égard des pays émergents est également en réflexion. «Une taxe carbone pour éviter le dumping environnemental et une taxe à l'image du small business act, pour lutter contre le dumping social, avance Hervé Cadenne. Car la destruction de 600M€ d'activité dans le moule en France, c'est un peu plus de 200M€ de taxes qui ne rentrent pas», fait remarquer le président de l'AFIM.

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