Crise financière : Les patrons alsaciens confiants, mais...
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Crise financière : Les patrons alsaciens confiants, mais...

réactions L'impact des aléas boursiers est encore ténu, mais comme beaucoup, les patrons alsaciens s'inquiètent du poids de l'économie virtuelle sur l'économie réelle.

«Les chefs d'entreprise me disent que les carnets de commandes sont bons», affirme Olivier Klotz, président du Medef Alsace. «Ils le sont», confirme Jean Meyer, P-dg de Protechnic, à Cernay, spécialisé dans l'impression sur film plastique et dans le non-tissé thermo-adhésif. «Ils ne l'ont jamais été autant, même, durant cet été», constate Patrick Rein à la tête d'Activis (Mulhouse), le spécialiste du web marketing.




Interrogations

Même les produits grand public semblent épargnés. Chez Cuisines Schmidt «on relève les compteurs avec, a priori, pas de grand impact», analyse Anne Leitzgen, présidente de la Salm. Mais rien n'est gagné: «Est-ce que les banques favoriseront ou non les prêts pour la rénovation ou la construction du neuf?», s'interroge à juste titre Anne Leitzgen. L'investissement dans les cuisines en dépend... De son côté, Activis note tout de même le report de certains projets, ce qui a conduit l'entreprise à réagir immédiatement en adaptant sa politique commerciale. «Beaucoup d'entreprises ont recruté mais vont peut-être devoir se séparer de leurs collaborateurs», redoute Olivier Klotz.




Le virtuel contre le réel

Certes, les patrons n'en sont pas à leur première crise, mais ce nouvel épisode laisse perplexe. «Pour la première fois j'ai le sentiment que quelque chose arrive, sans pouvoir agir sur la cause», confie Jean Meyer. Actif sur les marchés européens (80% de son CA), il s'inquiète de la faiblesse de la zone euro. «Le monde n'a plus d'azimuts, il est désorienté», médite Patrick Rein. «C'est un problème de privilégier le virtuel sur le réel», résume Jean Meyer. Olivier Klotz le rejoint: «Je ne suis pas contre la spéculation mais à condition qu'elle se fasse avec leur argent». Un avis partagé par tous, mettant en cause la mutualisation de pertes privées et supportées par le public.




L'enjeu des fonds propres

Plus nuancé sur le climat général, Gil Vauquelin, à la direction régionale et interrégionale de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) attire l'attention sur les perspectives de croissance qu'il juge «meilleures». Il souligne l'importance des politiques de structuration financière des entreprises en fonds propres, face à des banques soumises à des normes strictes et elles-mêmes en quête de fonds pour leurs propres bilans. «Au plan national, c'est le Fonds stratégique d'investissement et au plan régional, l'émergence d'Alsace Croissance, qui peuvent apporter un début de réponse. Car un des éléments clés d'avenir, c'est que les réponses financières sont là, quand les entreprises ont un bon projet stratégique». Donc. «Prudence, mais soyons optimistes» conclut Olivier Klotz.

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