Les enquêtes de conjoncture des divers organismes sarthois, dont Sarthe Expansion, sont unanimes: 80% des entreprises, essentiellement industrielles, anticipent une baisse d'activité dans les trois à six prochains mois. Elles n'étaient que 35% précédemment. Explication de ce fort taux d'inquiétude: la Sarthe est, de par son tissu, très sensible à la conjoncture. L'industrie a tendance à surréagir, que l'on soit en période de croissance ou de récession. Ainsi, lorsque en 1999, 2000 et 2001, les voyants étaient au vert, l'emploi a été immédiatement boosté. La crise actuelle impacte de manière tout aussi violente le marché du travail.
La crise ne date pas d'hier
Les deux exemples les plus flagrants étant ceux de Valéo, à La Suze, et de FCI, à la Ferté Bernard (voir page Industrie). Mais les difficultés du moment ne sont que la résultante d'une morosité ambiante qui remonte à 2003. Les problèmes financiers n'ont fait que précipiter certaines situations. Les deux secteurs les plus touchés sont, en Sarthe comme ailleurs, l'automobile (y compris NTN et ACI qui viennent de recourir au chômage partiel) et l'agroalimentaire. Mais pour ce dernier secteur, la crise remonte au début d'année, avec la flambée du prix des matières premières et donc des prix à la consommation. Plus florissants, les secteurs du machinisme agricole, des machines outils, de la logistique (3 plates-formes à Sablé, Auvours et Maresché) sans oublier les centres d'appels (Céritex, Mondiale Assistance, Phone House, B2S) qui tirent leur épingle du jeu.
Impossible à nier, la crise arrive dans la Sarthe. Elle pointait son nez d'ailleurs depuis quelques mois, avant la débacle financière américaine. Des secteurs comme l'automobile et l'agroalimentaire sont les plus touchés. Mais toutes les activités ne sont pas victimes des problèmes conjoncturels.