7,076milliards d'euros d'encours de crédit. En progression de 5%. C'est le bilan 2011 de la banque verte dans le Morbihan. Cette enveloppe est financée à 80% grâce à l'épargne des Morbihannais. Si la collecte d'épargne a augmenté de 1,7% en 2011, pour s'établir à 9,5milliards d'euros, Hubert Brichart, directeur général du Crédit Agricole du Morbihan, regrette pourtant que les Français soient trop enclins à protéger leurs bas de laine. «L'épargne n'est pas forcément une bonne chose», indique-t-il. «Avec un taux d'épargne record, on peut penser que les Français sont prêts à venir au secours de la France. Mais en réalité, le problème c'est bien que l'épargne ne soit pas dépensée. L'économie française fonctionne sur la consommation des ménages. Le pouvoir d'achat ne s'est pas dégradé en 2011», assure-t-il. Preuve de cet attentisme, les crédits à la consommation n'ont pas été bons l'an dernier au Crédit Agricole, en recul de 8,9%. 70% de ces crédits ont concerné l'achat d'automobile. «Or, il s'est vendu moins de voitures, avec l'arrêt de la prime à la casse», commente-t-il. L'habitat, qui représente près de 50% des encours de crédits aux particuliers, tient le haut du tableau. Dans ce domaine, le Crédit Agricole détient d'ailleurs une part de marché de 36% et a de bons espoirs. «La croissance démographique du Morbihan est positive, avec 7.000 habitants par an», calcule Hubert Brichart. «Les mises en chantier d'habitat ont progressé de 9,73% en 2011. Et ce, alors que les permis de construire accordés sont en baissede 4%».
Des entreprises dans l'attente
Même attentisme du côté des professionnels. «Les années électorales ne sont jamais bonnes», reconnaît Hubert Brichart. «Les entreprises, comme les particuliers, attendent beaucoup de la future fiscalité». Pour autant, les crédits accordés aux professionnels ont eux aussi augmenté.+8% aux artisans, commerçants et professions libérales,+7% aux industriels. Et même en direction des collectivités locales, le Crédit Agricole a réalisé+15% de crédits. «Nous nous sommes sentis un peu seuls en fin d'année à soutenir les collectivités locales», note Hubert Brichart. Dans ce contexte, le produit net bancaire du Crédit Agricole est en léger recul, d'1,6% en 2011, s'établissant à 230,6millions d'euros. Pour un produit net bancaire d'activité, lui en augmentation de 1,5%, à 209,6millions d'euros et un résultat net quasi stable de 54,7millions d'euros (-0,6%). Malgré une attention toute particulière à réduire ses charges de fonctionnement (130millions d'euros,+2%), le Crédit Agricole a réalisé 45 embauches en 2011, majoritairement sur des remplacements. «Sauf 13 créations de poste dans la branche gestion de patrimoine», indique Brice Paturel, directeur de la banque privée. «Ce qui porte l'équipe à un peu de plus de 40collaborateurs, experts dans le conseil de la gestion de patrimoine». Une activité sur laquelle la banque verte souhaite investir dans les années à venir afin de prendre des parts de marché.
Banque Le bilan 2011 de la banque verte fait état d'une augmentation des encours de crédits et d'une volonté d'investir dans la banque privée.