12 nouvelles communes entreront dans le giron de la régie publique de l'eau de l'agglomération rouennaise (CREA) d'ici le 31décembre prochain. Situées autour de la vallée du Cailly et de la Boucle de Roumare, ces villes arrivent au terme de la délégation qui les lie à la Lyonnaise des Eaux (sous contrat depuis 130 ans!). La CREA, dont 70% de la population consomme déjà l'eau produite et distribuée par ses services a décidé d'étendre sa régie pour la gestion de l'eau à ce nouveau périmètre. Déjà en janvier dernier, la CREA avait récupéré en régie directe une vingtaine de communes du sud de Rouen (Sotteville-lès-Rouen, Saint-Étienne du Rouvray, Petit-Couronne...), devenant ainsi la première régie publique de France en nombre d'abonnés. Directeur de l'eau à la CREA, Éric Herbet explique qu'il avait alors repris l'ensemble des salariés de Veolia Eau (le prestataire privé qui était affecté à ce territoire): «Ils ne sont pas devenus des agents territoriaux mais travaillent en contrat de droit privé. Sur les 350 salariés du secteur eau et assainissement de la CREA, 40% sont en contrat de droit privé, les autres sont fonctionnaires territoriaux. L'objectif est que d'ici une quinzaine d'années, au grès des départs en retraite, tous les agents soient embauchés en contrat de droit privé».
Un marché d'exploitation pour le nouveau périmètre
Pour gérer le nouveau périmètre, les élus devaient se prononcer sur le choix d'une régie directe et reprendre ainsi les quarante agents de la Lyonnaise des eaux, ou sur une régie allégée avec lancement d'un marché d'exploitation: «L'idée étant de pouvoir conserver la facturation ou les usines de production et de mettre en prestation certaines activités. Un marché sera lancé fin mars au plus tard car le choix du prestataire doit être acté avant l'été», précise le directeur de l'eau. Une décision que Claude Taleb, conseiller municipal de Bihorel (et vice-président de la région Haute-Normandie) a du mal à comprendre: «À partir du moment où il y avait déjà 70% des habitants de la CREA en régie cela aurait été logique de poursuivre le mouvement. On se prive des effets de masse
qu'aurait créée une régie directe de l'eau sur l'ensemble du territoire de l'agglomération. De plus cela aurait été intéressant au plan environnemental et économique et une première en France, de tout gérer de cette manière. J'ajoute que le bilan des anciennes DSP n'est pas très probant en terme de prix avec peu de transparence et peu de chose réalisé pour la protection de la ressource».
Cohérence technique et gains de productivité
110M€, c'est le montant total des travaux que la collectivité s'apprête à engager pour les vingt ans à venir. Des chantiers indispensables pour Éric Herbet: «Afin de rendre cohérent la technique avec les choix politiques. Cela nous permettra de réaliser des gains de productivité avec pour objectif d'harmoniser les tarifs pour que d'ici six à sept ans les habitants ressentent une baisse substantielle. Car aujourd'hui, il existe un rapport de un à trois en terme de prix, selon les territoires».
Sébastien Colle