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CPME : François Turcas déplore la rivalité économique entre Région et Métropole
Lyon # Politique économique

CPME : François Turcas déplore la rivalité économique entre Région et Métropole

En marge d’une conférence de presse destinée à commenter l’actualité nationale et présenter les projets 2018, François Turcas, le président de la CPME d’Auvergne-Rhône-Alpes, a déploré la rivalité économique qui oppose la Région et la Métropole de Lyon. Et s'alarme des conséquences en termes de perte d'attractivité du territoire.

François Turcas s’en serait voulu de rater ça. Le patron des patrons de PME dans le Rhône et en Auvergne-Rhône-Alpes, à la tête de l'antenne locale de la Confédération des petites et moyennes entreprises depuis 25 ans, se réjouit de représenter des dirigeants apparaissant "enfin" comme les "grands gagnants des cinq ordonnances" réformant le code du travail et qui devraient être adoptées le 22 septembre prochain en Conseil des ministres. « Nous allons essayer, à travers des créations d’emploi, de rendre la confiance que nous accordent Emmanuel Macron et son gouvernement », jure-t-il au nom des 120.000 entreprises rattachées aux douze structures CPME de la région. Cyril Amprino, secrétaire général CPME rattaché à la Région et Franck Morize, son homologue pour le Rhône, se réjouissent en cœur de « l’alignement très favorable des planètes, avec des politiques économiques locales tournées vers la performance des entreprises ».

Querelles

Une ombre cependant vient ternir le tableau. La concurrence que se livrent depuis des mois la Région et Lyon Métropole, entre bataille d’egos et guerre de positions. « Cela doit cesser, claque François Turcas. Il faut bâtir des passerelles intelligentes entre ces deux collectivités. Je ne suis pas seul à le demander, c’est un vœu que formulent unanimement les chambres de commerce, le Medef et les autres organismes attachés à l’économie », détaille le président. Car les dégâts collatéraux deviennent gênants. Selon lui, l’agence économique de la Métropole, l’Aderly, qui "chasse" à travers la planète des sociétés pouvant trouver un intérêt à s’installer à Lyon, s’est ainsi vue privée de son financement régional. Une "sanction" prise par la Région à l’encontre de la Métropole, cette dernière refusant - en l’état - de faire partie de la grande Agence de développement économique d’Auvergne-Rhône-Alpes, qui revendique une suprématie économique octroyée par la loi NOTRe.

« La Région ne peut pas négliger le fait métropolitain »

Une aberration selon François Turcas, familier des élus locaux. « Je ne conçois pas que deux puissances pesant chacune 3 milliards d’euros de budget puissent ne pas se concerter. À ce rythme, nous allons perdre les atouts d’attractivité que le monde nous envie », prophétise François Turcas. « Lyon pèsera 150.000 habitants de plus d’ici 2030. On ne peut pas avoir une Région qui néglige le fait métropolitain. C’est la Métropole qui illumine la région, les relations entre les deux doivent être solides, les informations doivent circuler ».
En réponse, la Métropole se montre optimiste. « Comme nous avons trouvé un accord avec le Sytral (sur sa gouvernance, NDLR) nul doute que nous trouverons très prochainement un accord politique sur le développement économique. Les deux présidents doivent se rencontrer prochainement sur ce sujet, la date est en cours de calage », fait savoir le cabinet du président métropolitain David Kimelfeld. Le cabinet de Laurent Wauquiez, patron de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, n’a pas répondu à nos sollicitations.

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