La jeune femme reconnaît que les gens s'imaginent qu'elle achète du vin. Il faut dire que sa profession est souvent occultée par celles du viticulteur ou de l'oenologue. Pourtant, Marie Weber et la quinzaine de courtiers en vins et spiritueux -dits courtiers de campagne - qui officient en Alsace, sont un maillon important dans la chaîne de la vente du vin. «Je mets en relation les vignerons et les producteurs de raisin, qui sont les vendeurs, avec les acheteurs, négociants et caves coopératives». Depuis 2007, elle travaille à Husseren-les-Châteaux avec son oncle, Jacques Weber, qui l'a formée avant de décrocher sa carte professionnelle en avril. À eux deux, ils sillonnent la région. Les journées sont intenses: «La grosse période se déroule entre décembre et février». La jeune femme contacte les acheteurs pour connaître ce qu'ils recherchent et rend visite aux vendeurs pour échantillonner leurs vins. C'est elle-même qui supervise la transaction et fixe le prix final avec l'accord des deux publics et contrôle le chargement du produit. «Cela exige de la diplomatie, de la psychologie, de la patience. Il est primordial de bien connaître le vignoble, le vin et la dégustation». Le prix de la transaction varie entre 1 et 3,50euros. «Le prix augmente en fonction de la demande alors que cela devrait être en fonction de la qualité», estime la jeune femme qui cite l'exemple du gewurztraminer: «Cette année, nous en manquons. Le prix a flambé car les demandes sont grandes».
Depuis avril, Marie Weber, 26 ans, est la seule femme à exercer la profession de courtier en vins et spiritueux en Alsace.