Jamais l'offre sur la Corse n'aura été aussi importante que cet été au départ de Toulouse-Blagnac. « De 9.000 sièges proposés l'an dernier par Air Corsica et Air France, nous sommes passés à quatre compagnies régulières (Air Corsica, Hop !, Volotea et easyJet, auxquelles s'ajoute le tour opérateur Travel Europe avec des avions XL Airways, ndlr) et environ 100.000 sièges sur une saison allant d'avril à fin octobre », confirme Catherine Gay, directrice stratégie et développement de l'aéroport. En tant que premier transporteur aérien de Corse (avec 1,7 million de passagers en 2012), Air Corsica se positionne naturellement comme le fer de lance de cette offensive. Au plus fort de l'été, elle proposera en effet cinq vols par semaine entre Toulouse et Ajaccio (tous les jours sauf mardi et mercredi). Ouverte depuis le 19 avril, cette liaison affichait à ses débuts un taux de remplissage de 60 % sur sa flotte d'A320. « Sachant que nous opérons à cette période sur des modules de 180 sièges, cela représente tout de même une centaine de sièges sur chaque rotation », précise Jean-Baptiste Martini, son directeur commercial. Quant aux réservations pour cet été, « ça se remplit bien ». Et de souligner le travail réalisé en amont par l'Agence du tourisme de Corse pour faire connaître la ligne et, plus largement, promouvoir la destination : « L'ATC est notre grand partenaire. » S'appuyant sur cette meilleure desserte aérienne, l'agence a en effet engagé une « opération séduction » en région toulousaine, qu'explique son directeur général, Didier Leonetti : « En même temps que nous nous sommes repositionnés sur cinq marchés prioritaires en Europe (contre 12 auparavant, ndlr), nous avons décidé de retravailler le marché français, qui représente entre 70 et 75 % de notre clientèle. Dès lors, plutôt que de nous focaliser sur l'Île-de-France, Paca et Rhône-Alpes comme nous le faisions auparavant, nous nous sommes ouverts à d'autres bassins où nous avons identifié un potentiel important : Toulouse, Nantes, Bordeaux, Lille et Strasbourg. »
« La Corse s'invite à », action phare de l'ATC
Parmi ses actions phare : l'opération « La Corse s'invite à », dont la première édition toulousaine s'est tenue début février. « Les salons qui existent déjà ne répondent pas complétement à nos attentes, en termes de calendrier, de cible, etc. Aussi avons-nous décidé de créer nos propres événements, à des dates et dans des lieux de notre choix, au cours desquels nous touchons à la fois le grand public par le biais des actions presse, la cible professionnelle et les réseaux de distribution avec un workshop et un public un peu large lors d'une soirée mêlant gastronomie et culture. » Objectif : « Déclencher l'envie de venir en Corse et notamment en dehors de la très haute saison, et ce toutes clientèles confondues, grâce à une offre de qualité et diversifiée sur laquelle nous travaillons en permanence », résume Didier Leonetti. Par rapport aux autres comités régionaux du tourisme, l'ATC dispose en effet d'une compétence totale sur le développement touristique de la Corse, pour laquelle un budget lui est alloué par la Collectivité Territoriale de Corse. « Chaque année, ce sont entre 4 et 5 M€ que nous investissons dans la structuration de l'offre, par exemple pour soutenir des projets d'aménagement tels que des ports de plaisance, des structures de tourisme d'affaires ou d'activités de pleine nature, en ce qu'ils contribuent à rééquilibrer les flux. » Une problématique majeure pour l'Île de Beauté, très prisée des touristes entre juin et septembre (70 % des 2,8 millions de nuitées d'hôtel enregistrées en 2012 - sources : Insee/DGCis). Trop prisée ? « Nous saturons en juillet-août, confirme-t-on du côté de l'office de tourisme de Bonifacio. Pourtant, nous disposons de nombreux atouts autres que nos plages : le golf de Sperone ouvert à l'année, huit sentiers de promenades littorales, plusieurs manifestations hors saison dont le festival international de tango argentin début septembre et le festival Nautic et Music en octobre, etc. »
Adapter l'offre en hiver
Davantage méconnue que boudée par les touristes toulousains, cette « autre Corse » s'est longtemps heurtée à un problème de taille : la moindre desserte aérienne de l'île en moyenne et basse saison. Un obstacle qu'Air Corsica a décidé de tenter de surmonter, en pérennisant sa ligne Toulouse-Ajaccio. « Notre engagement est de maintenir à l'année une liaison, avec des fréquences et des capacités adaptées. En hiver, nous allons donc proposer trois vols par semaine sur des modules plus petits (ATR 72-500 de 70 sièges, ndlr). Ça a un intérêt, selon nous, pour les touristes mais aussi pour les industriels - des relations existent entre nos entreprises, par exemple dans le secteur aéronautique avec Corse Composites Aéronautiques - ou bien encore pour les étudiants », annonce Jean-Baptiste Martini, pour qui le juste prix est aussi un facteur de pérennité : « Nous essayons de garder un niveau tarifaire attractif pour les clients et viable pour nous. Chez nous, le prix d'appel est de 49 € l'aller simple et il s'agit d'un "vrai" TTC, qui inclut de nombreux services - collation et journaux à bord, 23 kg de franchise bagages en soute... - sachant que tous nos billets sont modifiables sans frais. » La concurrence d'easyJet et Volotea ? « Quand on propose des billets à quelques euros, c'est que l'on essaye juste de sortir un concurrent. Nous, nous sommes là pour durer ! » Et d'ajouter que, « compte tenu de nos excellentes relations avec Toulouse », une desserte de Bastia pourrait un jour être envisagée.
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www.visit-corsica.com www.aircorsica.com www.toulouse.aeroport.fr