Corée du Sud : Le dragon crache encore le feu
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Corée du Sud : Le dragon crache encore le feu

Le voyage du Prix Image Entreprise a choisi cette année de découvrir la Corée du Sud. Le groupe en retire des images très fortes d'un pays développé, riche, l'un des «dragons» asiatiques, qui continue de développer une ambition forcenée, un pays moderne mais qui garde un pied dans ses traditions. Le contexte géopolitique (voisinage de la Chine, de la Russie et du Japon...) et politique (cohabitation avec la Corée du Nord) pousse ce pays plein d'énergie à se surpasser. Reportage Vincent Combeuil

«En Corée, j'ai pris une grande leçon de management», témoigne Alain Diboine, directeur du centre Renault Samsung de Séoul devant le groupe du Prix Image Entreprise en visite dans ce centre ou s'invente des voitures franco-coréennes de demain. Un avis mêlé d'admiration pour les capacités d'efficacité, de travail et d'esprit de corps des Coréens. «Ils apprennent très vite.»




1953: Un pays miséreux

En 1953, au sortir de la guerre de Corée, et après des années d'occupation japonaise brutale (1910-1945), le pays est exsangue, dans une misère absolue et au plus bas rang mondial des pays pauvres. Elle n'avait rien, ni matières premières ni compétences; la Corée a pourtant tout appris, le béton, la construction navale, l'acier, l'informatique, l'électronique. Elle est devenue l'un des plus grands pays industriels du monde (entré dans l'OCDE en 1996), avec un niveau et un mode de vie proches du nôtre. La Corée a conquis la première place dans la construction navale et les semi-conducteurs. Avec Samssung ou LG elle inonde le monde de ses produits électroniques (30,6% du marché mondial des téléphones mobiles, 36,1% des téléviseurs). Le groupe Hyundaï-Kia pointe déjà à la 4e place des constructeurs automobiles mondiaux. Et ses voitures que nous avons vu sortir des chaînes de l'usine de Hwaseong n'ont rien à envier à nos Renault et Peugeot... avec des garanties supérieures.




Chantiers navals: le choc

Et quand notre groupe des Pays de la Loire visite les chantiers navals Daewoo, à Pusan, c'est le choc. D'ici sortent 75 navires par an quand Saint-Nazaire parvient avec difficulté à en construire un seul. L'ambition, la Corée en a à revendre et nous la ressentons concrètement en visitant à Gwangyang (sud) l'une des plus grandes aciéries du monde (16.000 tonnes/an), construite avec un grand sens de l'avenir en utilisant les dommages de guerre obtenus du Japon. Même étonnement en découvrant les projets d'agrandissement du port de Pusan, ou l'aménagement de la zone technologique de Songdo (600ha en partie gagnés sur la mer), 25 Mds$ d'investissements), l'une des 5 grandes zones d'aménagement économique décidées par l'État. Le pays dont les montagnes poussent la population dans les villes est très concentré sur Séoul et quelques grandes villes. Le littoral et des montagnes sont un potentiel touristique encore peu exploité.




À la recherche d'une image internationale

La Corée n'a pas encore l'image correspondant à son statut économique. On la pense encore dans les pays en voie de développement. Non, elle est un pays très développé. C'est pourquoi elle recherche à s'ouvrir aux investissements étrangers et à gagner en visibilité au travers de grands événements. Après la coupe du monde de football de 2002, elle organise le G20 en novembre, le grand prix de Formule 1, Séoul Capitale du design, les championnats du monde d'athlétisme, l'expo internationale de Yeosu en 2012. Elle est candidate aux JO d'hiver de 2018 et à la coupe du monde de foot de 2022... Bien située, la Corée du Sud ambitionne de devenir la plaque tournante de l'Asie sur les plans logistique et financier. Elle en a l'énergie et la foi entrepreneuriale, mais la Chine lui en laissera-t-elle le loisir?

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