P-dg de Cooper-Standard France, Sylvain Broux s'est exprimé le 28 octobre sur les projets de l'équipementier automobile en France. En Bretagne, il fait le pari d'une industrie française. Une centaine d'emplois sur 1.600 postes devrait être supprimée. Le pire scénario a été évité. Les collectivités locales vont participer à hauteur de quelque 40 millions d'euros, pour éviter une délocalisation en Pologne.
Deux nouvelles usines
La société a expliqué, ce 28 octobre, la mise en route de projets de deux nouvelles usines : la première à Rennes sur le site historique de la Barre-Thomas. Les 95.700 m² actuels vont se muer en 17.000 m² recentrés sur l'activité antivibratoire. Sur les 950 salariés, 450 resteront sur place. Les autres seront mutés à Domagné, qui accueillera un nouvel outil de production de 45.000 m² pour les branches étanchéité et transferts de fluides. À terme, 1.100 employés y travailleront. Les mises en route des deux nouvelles usines sont espérées pour 2016, avec un début des travaux prévu pour le 2e semestre 2014. La vente des deux sites de Rennes (950 salariés) et Vitré (650 salariés) dont les rachats sont en bonne voie avec des promoteurs rennais et Vitré Communauté doit permettre à Cooper-Standard France de financer son investissement et sa réorganisation estimés entre 30 et 32 M€. La société sera ensuite locataire des nouveaux bâtiments. Les collectivités participeront au projet à hauteur d'une quarantaine de millions d'euros.
Un outil plus performant
En se réorganisant en deux pôles industriels, Cooper-Standard France cherche à concentrer ses activités et à éviter ainsi les doublons et donc les surcoûts. À Domagné, elle investit dans un outil industriel neuf et performant, alors que son site de la Barre-Thomas date des années 60. L'idée, avec le soutien des pouvoirs publics, est d'éviter une délocalisation en Pologne : « Nous prenons le contre-pied, en faisant le pari d'une industrie française, en Ille-et-Vilaine. Nous étions surdimensionnés, en surcapacité et en surcoût, notamment au niveau énergétique, dans des infrastructures obsolètes ». Cooper-Standard s'est fixé deux années pour réaliser le projet, au lieu de trois pour ce genre d'outil industriel. Une période néanmoins deux fois plus longue qu'en Serbie, où une année seulement a été nécessaire pour bâtir la future usine de Cooper-Standard. Mais cet argument de la rapidité de réalisation en Europe de l'Est n'a pas fait le poids face à la mobilisation des politiques bretons. « Ici tout le monde est moteur. Les collectivités locales jouent le jeu », souligne le P-dg.
Impact social « minimisé »
Au plan social, l'impact sur le personnel a été « minimisé » avec une centaine d'emplois supprimés à l'horizon 2017, dont 30 à 40 départs en retraite non remplacés et un possible plan de départs volontaires. Une modération salariale pour les deux prochaines années a été actée, un accord de non-licenciement pendant les quatre prochaines années est en passe d'être signé.
David Thomas
Automobile Sylvain Broux s'est expliqué sur la réorganisation de ses sites bretons. Celui de Vitré va fermer ; Rennes sera réaménagé. Et Domagné aura son usine.