Consommateurs aujourd'hui : Qui sont-ils, que veulent-ils?
# Commerce

Consommateurs aujourd'hui : Qui sont-ils, que veulent-ils?

Le consommateur est un être versatile. Son comportement change en fonction des modes mais aussi des modes de vie qui évoluent. Les commerçants, eux, doivent donc en permanence adapter leur offre et innover pour survivre. A fortiori en période de crise. Pour les aider à réfléchir, la CCI de Rennes organise le 2février prochain ses Assises Commerce et Territoires. Place donc aux idées, et aux nouvelles tendances sur la place rennaise. Virginie Monvoisin

Le commerce est un métier de tendances, où il faut sans cesse être à l'affût de nouveaux produits pour satisfaire le client. Mais qui sont les clients, au juste? La question est vaste, mais se la poser est nécessaire pour réussir. Nadège Clapham, est chasseur de tendances à la CCI de Rennes. Son but: capter les tendances et aider les entreprises à s'adapter au consommateur.




Quatre marchés principaux

Pour elle, quatre principaux marchés sont aujourd'hui porteurs. Les femmes actives, d'abord. «Ce sont elles qui installent les tendances, car elles fréquentent plus les commerces, elles prennent les décisions et orientent les mouvements», constate Nadège Clapham. D'autre part, elles travaillent plus, et donc sont attirées par tout ce qui va leur faciliter la vie. Les «néo éco citoyens» sont un deuxième marché porteur pour les commerçants. «Ils ont entre 20 et 30 ans, sont contre tout: les marques, la pollution, le capitalisme... Ils sont une cible pour le marché du bio et vont générer tout ce qui est économie parallèle». Une perche à saisir donc pour les sociétés de troc sur internet, de ventes privées... «Ensuite, on trouve les seniors autonomes qui ont entre 50 et 75 ans», indique Nadège Clapham. Parmi eux, il y a les «happy boomers» qui travaillent encore, ont de l'argent et la santé, et les «paisibles», qui ont du temps libre et veulent voyager. Enfin, les juniors (8-15 ans), qui étaient avant de simples prescripteurs deviennent acheteurs «et même consomacteurs! Ils ont le mobile greffé dans la main, aiment les promos et sont pressés». À partir de ce petit état des lieux des consommateurs types d'aujourd'hui, c'est au commerçant d'adapter son offre, particulièrement en période de crise, où pour survivre, il va falloir innover. «Souvent, le commerçant se repose sur ses lauriers, et ne pense pas à sa cible. Pour pouvoir proposer un service, il ne faut plus seulement raisonner en terme d'âge ou de CSP», conseille Nadège Clapham.




Surprendre le client et innover

Et le consommateur a besoin de nouveauté. Pour le surprendre, pourquoi ne pas tout simplement piocher quelques idées notamment à l'étranger? «A Londres, par exemple, un salon de coiffure mobile s'est créé. On pourrait l'imaginer dans le métro rennais», lance le chasseur de tendances! Encore faut-il que la population rennaise soit prête. La population est ici très étudiante, et moins concentrée en hommes d'affaires que Paris par exemple. «Ici, les sandwichs de luxe, par exemple, me marchent pas... Le consommateur rennais est un peu conservateur, même si on commence à voir apparaître de nouveaux concepts.»




Nouveaux modes de commerce

Cela passe notamment par l'aménagement de magasins de manière plus moderne. Les commerçants peuvent faire jouer la complémentarité entre le magasin et leur site internet. «Les magasins de bricolage, par exemple, investissent dans des bornes qui aident le consommateur à faire ses choix, constate Nadège Clapham. De même, les magasins de sport (en Gironde pour l'instant seulement, chez Décathlon) proposent de tester les équipements sur place, en situation réelle!» Le service prend une place de plus en plus importante pour le client. Il doit se situer au centre de la stratégie du commerçant. En fait, le commerce devient de moins en moins unilatéral: des hôtels se mettent à vendre leurs meubles, les restaurants leurs produits d'épicerie (c'est le cas à Rennes de Fuxia, par exemple, en centre-ville)... «En résumé, tout ce qui va faire gagner du temps fonctionne bien, conclut Nadège Clapham. Tout comme le low cost premium: ces magasins discount à l'environnement moyen de gamme». Le consommateur semble en effet apprécier les partis pris forts.

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