Conjoncture : L'industrie tient.. : mais dans le brouillard
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Conjoncture : L'industrie tient.. : mais dans le brouillard

Très peu de visibilité, mais encore des marchés. Après une très bonne année 2011, l'industrie régionale s'attend à faire le dos rond cette année.

L'exercice 2011 est une vraie bonne année pour l'industrie des Pays de la Loire. Une année marquée par une croissance de 9,2% du chiffre d'affaires industriel régional, selon l'enquête annuelle effectuée par la Banque de France auprès de 1.850 entreprises ligériennes. Sans pour autant que l'activité retrouve son niveau d'avant crise, il s'agit de la plus forte croissance enregistrée depuis 2006. Elle s'est traduite sur le front de l'emploi par une hausse de 1,3% des effectifs industriels. Là encore du jamais vu depuis cinq ans. Principal moteur de ce regain d'activité: la forte reprise des exportations (+16%), plus dynamiques dans les Pays de la Loire que chez nos voisins bretons ou de la région Centre.






3% de croissance en 2012?

Seul l'investissement n'a pas vraiment redémarré (+5%). Et quand les industriels régionaux investissent, c'est plus pour moderniser leur outil et gagner en compétitivité que pour accroître leurs capacités de production. Le climat anxiogène et le ralentissement observé en fin d'année sur les carnets de commandes n'aident pas les entrepreneurs à prendre des risques financiers démesurés. Ce manque de visibilité influence aussi fortement leurs perspectives 2012. Pas d'optimisme démesuré, mais pas non plus de catastrophisme: les industriels régionaux tablent sur 3,3% de croissance de chiffre d'affaires cette année. Avec une baisse des investissements et une stabilité de l'emploi. Mais aussi avec une petite augmentation des exportations (+7%) et, dans l'ensemble, une meilleure rentabilité.




«L'activité est là»

«Le gros problème, c'est le manque de visibilité. Mais, de mois en mois, pour l'instant, ça tient. L'activité est là», assure Catherine Boucher, directrice régionale de la Banque de France. «Dans ce climat d'incertitudes, la région n'est pas la plus en difficulté, avec le taux de chômage le plus faible de France (NDLR: 7,9% fin 2011). Mais on peut aussi bien assister à une reprise rapide qu'à un effondrement», poursuit la dirigeante. Bref, l'industrie régionale nage en plein brouillard, mais ne plonge pas. La situation diffère évidemment en fonction des secteurs.




Craintes dans le BTP

Certains offrent d'excellentes perspectives, comme l'aéronautique, qui affiche en ce moment une forme olympique, avec un millier de postes à pourvoir cette année dans la région. Chez les grands équipementiers tels que Sercel ou Manitou, qui tablent cette année sur des croissances à deux chiffres, ou chez les fabricants de machines, l'optimisme est aussi de mise. De son côté, l'agroalimentaire anticipe davantage une stabilité de ses effectifs et du chiffre d'affaires. Les entreprises du bâtiment et surtout des travaux publics sont les plus inquiètes. Elles craignent respectivement une régression de 1% et de 4% de leurs chiffres d'affaires 2012. Ravagé par la guerre des prix, le secteur connaît une recrudescence des défaillances et anticipe une baisse de 0,6% de ses effectifs.

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