Conjoncture : Le salut passe par les PME
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Conjoncture : Le salut passe par les PME

En s'appuyant sur des études et enquêtes, plusieurs experts et observateurs de l'économie sont arrivés à la conclusion que, crise ou pas, il y a de la place pour les ?PME de croissance?.

Méthode Coué ou réelles raisons d'y croire? Si personne ne remet en question le fait que la crise n'est pas terminée, plusieurs conférences, ces dernières semaines, ont tenté de donner les recettes des PME qui, malgré cette conjoncture, parviennent à tirer leur épingle du jeu. Associé chez KPMG, Michel Paolucci estime ainsi qu'en France, environ 2.000 PME «de tous secteurs, automobile, transport, services...», réalisant un chiffre d'affaires estimé entre 10 et 300millions d'euros, ont une croissance «de quatre fois supérieure à la moyenne de leur secteur depuis 2001». Il s'appuie pour avancer ces chiffres sur une étude ?Les PME qui grandissent?, réalisée pour la deuxième fois par le cabinet de conseil, auprès de 200 de ces entreprises, dont «une quinzaine en Alsace».




Une croissance qui fait des envieux

«La crise est devenue, pour elles, un levier pour creuser l'écart», affirme-t-il. Comment? «En s'appuyant sur une gouvernance large, élastique et performante, avec la préoccupation quotidienne de l'intérêt du client», poursuit-il. Leur capacité à innover et à se tourner vers l'international sont aussi des facteurs différenciants et leur rythme d'investissement n'a pas diminué. Résultat, «sur ces derniers mois, si leur chiffre d'affaires n'a progressé que de 6,2%, cela reste 5,5 fois supérieur à la moyenne des entreprises du Cac 40», affirme Michel Paolucci. Un état des lieux que Gérard Cappelli, consultant indépendant, ne renierait pas. Invité par les Dirigeants commerciaux de France de Colmar, cet ancien de Socomec, auteur du livre ?Faire croître les PMI, elle court, elle court la gazelle?, croit aussi en un salut passant par les PME. «Créatrices d'emplois, porteuses de valeurs éthiques et humaines, elles sont souvent jugées plus vertueuses que les grands groupes», affirme-t-il. Simplement, les PME et PMI françaises doivent, selon lui, «gagner en qualité». De quoi leur permettre d'avoir un projet d'entreprise, une vision stratégique «qui dépassent l'opérationnel, avec trois axes de réflexion: les produits, les marchés, les moyens». «Ce plan stratégique doit être décliné jusqu'à l'échelon le plus opérationnel possible dans l'entreprise», a-t-il martelé, «toujours dans l'optique d'un adage utilisé chez Socomec, ?mieux faire ensemble ?». «La croissance n'est intéressante que si elle est associée à une certaine stratégie», a-t-il assuré. Une stratégie qui doit faire de ces PME-PMI les moteurs de la reprise.

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