Pourquoi tant de monde à Confluence et si peu au Carré de Soie? S'il est trop tôt pour augurer du succès ou de l'échec de ces nouveaux quartiers de l'agglomération lyonnaise, force est de constater que leur démarrage n'a rien de comparable. Sur Confluence, au sud de la Presqu'île, entreprises et Lyonnais se sont rapidement approprié les 41 hectares réhabilités de la phase 1 du quartier. Et, victime de son succès, ce dernier connaît d'importants problèmes d'accessibilité et de stationnement. «Le quartier se construit, tempère David Kimelfeld, vice-président du Grand Lyon en charge du développement économique. Il faut l'avoir en tête une fois terminé, avec les connexions tramways et métro, le prolongement du métro jusqu'à Debourg et la connexion sur la gare SNCF de Jean-Macé.»
Gérer l'affluence
Pourtant, des études montrent que même avec la création du pont des Girondins pour relier Gerland (2018) et après l'éventuelle requalification de l'autoroute A7 (2025), il existe un risque de saturation. Une réponse pourrait être apportée par le transport fluvial. Mais le Sytral est frileux... «On a mis des vélos et tout le monde s'est mis au vélo à Lyon. Ce sera pareil avec le bateau!», avance Georges Verney-Carron, dont le Groupe 45 a été le premier à s'installer quai Rambaud. Depuis l'ouverture de trois restaurants à ses côtés, il a vu l'affluence croître trop rapidement. Au point d'attendre avec inquiétude celle du centre commercial, en 2011.
Une ou deux locomotives
Sur le Carré de Soie, à Vaulx-en-Velin, on constate un phénomène inverse: l'accessibilité (métro, bus et tramway) a été réalisée en amont, et le pôle de loisirs et commerces a ouvert avant l'implantation d'entreprises. Son positionnement géographique explique en partie son manque d'attrait: «C'est la première réalisation qui ouvre sur l'est lyonnais de façon importante le centre de l'agglomération, argumente David Kimelfeld. Nous en sommes au premier stade, des projets tertiaires et de logements sont en développement, il faut se projeter à 2015-2020.» Il reconnaît aussi qu'une meilleure communication sur le site est nécessaire pour le faire connaître des Lyonnais. Le pôle de coopération et de financement éthique y bâtit son siège social. D'autres groupes comme GDF-Suez lorgnent sur le quartier pour implanter leurs équipes. Il faudrait une ou deux locomotives en plus de l'hippodrome et du cinéma pour donner le réel coup d'envoi du quartier, sans doute freiné par l'absence de grande surface alimentaire. Le terrain laissé vacant par le projet avorté de centre de formation d'Interpol est toujours disponible... et le Grand Lyon est naturellement disposé à étudier toute proposition.
Donner vie à de nouveaux quartiers est un exercice à l'issue incertaine. Les quartiers de La Confluence et du Carré de Soie, tous deux érigés comme projets phares de promotion du territoire par l'agglomération de Lyon, connaissent ainsi un démarrage discordant. Le premier, très prisé, subit des problèmes d'accessibilité tandis que le second, méconnu, peine à attirer le public. S'il faut se projeter à dix ou quinze ans pour mesurer la réussite de ces chantiers, les décisions structurantes se prennent, elles, aujourd'hui.
Dossier réalisé par Stéphanie Polette et Claire Pourprix