La compagnie régionale des commissaires aux comptes (CRCC) a tenu son assemblée générale à Dinard, le 10septembre dernier. Entretien avec sa présidente Béatrice Jestin.
La CRCC de Bretagne est la 5e compagnie de France avec 800 personnes physiques et 258 personnes morales. Quel est l'intérêt de vous réunir une fois par an?
Nous profitons de notre assemblée générale pour dresser le panorama de la profession et fournir une feuille de route claire et précise à tous les commissaires aux comptes. Nous organisons également des ateliers de formation sur des sujets pertinents comme le secteur non-marchand, en hausse de 12% en Bretagne, le blanchiment d'argent, et l'actualité juridique, en constante évolution.
Le thème de l'année est la régulation, pourquoi?
Nous possédons différents organes de régulation: la Chancellerie, le Haut conseil des commissaires aux comptes (H3C) et l'Autorité des marchés financiers (AMF). Le H3C a été mis en place il y a cinq ans car auparavant notre profession était en autorégulation, une exception en Europe. Au départ, nous avions l'impression qu'il prenait beaucoup de place mais aujourd'hui il y a une meilleure répartition des forces.
En quoi consiste le rôle d'un commissaire aux comptes?
Le commissaire s'occupe de la certification des comptes. Il est nommé par la société ou l'association pour un mandat de six exercices. Il détecte les fraudes ou, plus souvent, de simples erreurs de calculs. Si nécessaire, il émet des réserves en soulignant un point précis et en fournissant une analyse. Le commissaire aux comptes est une obligation légale pour les SA, les SAS, et certaines SARL en fonction de leur chiffre d'affaires. Lié par le secret professionnel, il peut en être délié en cas de lancement de procédure d'alerte et de révélation de faits délictueux. Une procédure à laquelle nous sommes confrontés plus souvent ces temps-ci.
Comment devient-on commissaire aux comptes?
Le cursus classique est le diplôme d'expertise comptable. 95% d'entre nous sont des experts comptables. Mais on peut aussi le devenir avec un certificat d'aptitude à la fonction de commissaire aux comptes, de niveau Bac+3, et trois années de stage. Aujourd'hui, la profession s'ouvre davantage vers les jeunes et d'autres métiers: informaticiens, ingénieurs, ESC... En région Bretagne, seuls 14% des commissaires aux comptes sont des femmes et, c'est à souligner, la profession recrute.