Morbihan
Comment les décideurs abordent 2017
Morbihan # Politique économique

Comment les décideurs abordent 2017

Visibilité, emplois, formation sont au cœur des préoccupations des acteurs économiques. Les indicateurs sont plutôt au vert en ce début d’année.

Claude Dozoul, président de la CPME du Morbihan — Photo : Ségolène Mahias

L’année 2017 démarre tout juste. Quelle sera sa tonalité dans la sphère économique morbihannaise ? 4 acteurs locaux nous ont livré leurs visions.

Claude Dozoul (CPME (ex CGPME) du Morbihan) : "Pour 2017, je crois plus que tout à la nécessité de la présence de notre cellule d’aides aux entreprises. L’an dernier, 200 dossiers nous ont été soumis, c’est énorme. Et souvent ces problématiques renvoient à des choses pas compliquées mais qui, si elles ne sont pas résolues, signent l’arrêt de mort d’entreprises. En ce qui concerne notre organisation, notre optique sera d’être au plus près des artisans et des commerçants. Je demeure persuadé que l’embellie économique pourra venir des TPE. Nous en avons 1,5 million en France. Si chacune d’entre elles parvenait à créer un emploi, il y aurait plus d’un million de postes à pourvoir.
Côté PME, il y a de belles réussites sur notre territoire comme Multiplast, Mahevas, Coriolis,etc. pour n’en citer que quelques-unes."

Jean-Pierre Rivery (UE-Medef Morbihan) : «Clairement la conjoncture est meilleure. Le bâtiment retrouve des couleurs au travers de nouveaux chantiers. Par contre, il convient d’être attentifs sur les marges. Sur le volet de des industries et de la métallurgie, les projets et les investissements sont au rendez-vous. À l’opposé, les travaux publics connaissent toujours un certain attentisme lié à la période préélectorale. Au sens large, les entreprises attendent ces élections pour être fixés sur des dossiers comme la pénibilité. Actuellement, il a des postes à pourvoir notamment sur des métiers comme conducteur de chaîne de production. L’agroalimentaire est concerné dans son ensemble et là, nous avons un réel problème de formation. Je note une vraie dynamique aussi autour des start-up. L’un des exemples est cette soirée organisée autour du financement. L’État, les réseaux, les structures consulaires, les chefs d’entreprises sont solidaires pour faire grandir ces jeunes pousses. »

Pierre Montel (CCI du Morbihan) : « 2017 s’ouvre sur quelques interrogations quant aux impacts des élections de mai et avec l’arrivée d’un nouveau président aux États-Unis. Localement, le bâtiment connaît un bon redémarrage avec l’évolution technique qu’est le Bim (la modélisation des données). Elle permet de la marge en dedans pour ces entreprises.
Les dirigeants retrouvent de la confiance. Ils évoquent de nouveau l’emploi, l’investissement et la formation. Les start-up suscitent des attentes et génèrent une dynamique nouvelle. En matière d’équipements, la LGV sera sans doute un accélérateur de développement pour le tourisme et notre économie au sens large. Pour l’aéroport de Bretagne Sud, Ryanair reviendra opérer sur la ligne Lorient - Porto et pourrait en ouvrir d’autres… comme d’autres compagnies. La liaison vers Orly se poursuit et nous souhaiterions pouvoir proposer Roissy comme destination. Quant à la réouverture de Lyon, un appel d’offres est en cours.

Stéphane Le Teuff (Fédération française du bâtiment 56) : "La FFB a présenté fin janvier les tendances du marché 2016 et 2017 : « La reprise était attendue, elle est plus timide que prévue, de l’ordre de +1,9 % en Morbihan comme en Bretagne et en France. Ce fut l’année du retournement et 2017 s’annonce meilleure. Le logement privé tire le marché, surtout dans l’individuel où il est reparti très fort sur le littoral. Le Morbihan reste le deuxième marché de Bretagne. Le problème, c’est le collectif où l’inquiétude est de mise car Rennes concentre 70 % du neuf ! Il va falloir raisonner Bretagne sud, trouver des synergies. Côté intentions d’embauche, les retours sont très bons. Vannes et Lorient sont juste derrière Rennes. Toutes les mesures en faveur du bâtiment ont été mises en place, on ne voit pas comment faire plus. Du coup, les professionnels anticipent la pénurie de main d’œuvre et recrutent dès qu’ils voient un très bon profil pour ne pas se faire piéger.»

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