Isère
« Comment j'ai fait pour sortir l'entreprise Cotte Emballage d'une procédure de redressement judiciaire »
Témoignage Isère

« Comment j'ai fait pour sortir l'entreprise Cotte Emballage d'une procédure de redressement judiciaire »

Jacques Grégoire a mis en place une stratégie de redéploiement pour faire sortir Cotte Emballage Solutions de sa période de redressement judiciaire en décembre 2014.

« En décembre 2010, j'ai racheté Cotte Emballage Solutions, car je souhaitais relever un nouveau challenge professionnel dans le monde industriel. Je suis un homme de terrain, et j'avais été depuis 1994 agent général Axa. J'ai développé pendant 16 ans le réseau d'agences de l'assureur dans l'agglomération grenobloise. Cotte réalisait 4,2 millions d'euros de chiffre d'affaires, en 2010. Lors du rachat, je me suis associé au sein d'une société holding de détention (ACDC Packaging) à Patrick Martin, président de Pack Up (ex Condi Rhône-Alpes), à Saint-Étienne-de-Crossey, spécialisée dans la transformation de mousses d'emballages techniques, et Didier Madaire, président de DPF à Voiron, concepteur et fabricant de cartons d'emballages multi-matériaux. Mes deux associés ont chacun 20 % de parts, et j'en détiens 60 %. ACDC Packaging détient Cotte à 100 %. Cotte a pour coeur de métier la conception et la fabrication d'emballages multi-matériaux sur-mesure, en petites séries. Ce consortium visait donc à jouer les synergies avec mes partenaires, via la sous-traitance de moyennes et grandes séries récurrentes. Malheureusement, en avril 2011, l'entreprise a perdu un client important, qui générait quelque 800 000€ annuels, avec 160 000€ de créance irrécouvrable. Début 2012, l'entreprise a perdu un autre client, représentant environ 350 000€ annuels, laissant une trésorerie exsangue. En juillet 2013, Cotte est entrée en procédure de redressement judiciaire. Le CA annuel de l'entreprise s'élevait alors à 2,7 millions d'euros avec un résultat négatif de 300 000€. »

Relancer la dynamique commerciale

« Cotte détient un vrai savoir-faire technique, mais manquait de dynamique commerciale. Même si, dès l'origine, je m'étais employé à relever le défi. Le premier enjeu, fin 2013, a donc consisté à recruter un commercial, puis un directeur commercial, fin 2014. Conséquence directe : depuis 2013, l'entreprise a totalisé, en moyenne, 32 nouveaux clients annuels, en particulier dans les secteurs de l'aéronautique et du médical. Parmi ses références actuelles ? Ratier Figeac, sous-traitant d'Airbus (groupe UTC Aerospace Systems) ; le groupe SKF ; Rolls Royce ; Millipore (Merck) ; Sofradir... D'ici deux ans, l'objectif est de recruter un commercial junior pour la région Auvergne-Rhône-Alpes et le quart Sud/Est, ainsi qu'un commercial, basé en région Midi-Pyrénées.

Parmi les investissements en matériels récents, notons l'achat (150 000€) d'une table de découpe plus, et la location d'un bâtiment de 2 000 m2, en janvier 2017, à Saint-Egrève (80 000€ annuels), pour la logistique et le stockage de produits de négoce (25 % du CA annuel), et des produits finis. Objectif : générer un CA supplémentaire et gagner en productivité. En 2015, une réflexion autour d'un projet d'entreprise a été engagée. Il s'articule autour de cinq piliers : la finance, le commercial, la technique, l'humain et la RSE. Cotte mise sur la formation et la reconversion des hommes (20 collaborateurs), et sur une nouvelle organisation, dont le BE (deux personnes) est la clé de voûte. Un Codir, au management collégial, a été constitué, et un consultant accompagne l'entité dans sa réorganisation. Le CA prévisionnel 2017 devrait atteindre 4 millions d'euros, contre 3,1 millions d'euros en 2016. Et le CA prévisionnel à deux ou trois ans : 5 millions d'euros. »

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