«Le 15juin à 16heures, l'eau commençait à monter sur le parking de la Sommepp; Nous avons réussi à sauver le matériel informatique et tout l'administratif lié à l'entreprise. Quelques heures plus tard, la Sommepp, spécialisée dans la fabrication de moules d'injections pour la plasturgie, était noyée sous 1,70m d'eau et de boue, huit salariés passant la nuit sur des étagères. Dès le lendemain, nous avons évacué l'eau et dressé une évaluation des dégâts.
Les effectifs maintenus
«Après un premier sentiment de désespoir, nous avons retroussé nos manches et sorti en une semaine plus de 25tonnes de boue. Entre deux coups de pelle, j'ai aussi reçu les premières visites d'experts d'assurés et j'ai arrêté mon choix en fonction des tarifs et de mon propre ressenti. J'ai également contacté ma société d'assurance pour négocier de suite le maintien de mes salariés. Lorsqu'au bout de trois semaines, l'assurance m'a délivré une première fourchette du montant de l'indemnité, s'est engagée une réflexion importante sur la continuation ou pas de l'activité. Je me suis déplacé chez mes principaux clients pour leur expliquer notre situation, leur demander leur avis, leur communiquer la date à laquelle je pouvais envisager un redémarrage. J'ai aussi rencontré mes deux principaux concurrents pour me rendre compte de leur capacité à assurer la sous-traitance de mes contrats. Clients et concurrents m'ont dit qu'il fallait que je redémarre car la Sommepp - même si personne n'est irremplaçable - était nécessaire à la poursuite de leurs activités. Alors, à 58 ans, peu motivé à l'idée de prendre ma retraite, j'ai pris la décision avec mon épouse de reprendre l'activité. «Nous avons touché les premières indemnités mi-septembre. Au total, l'entreprise percevra 2,5M€ pour le remplacement des machines et du matériel. Un chiffre cohérent. En revanche, je n'admets pas que suite à un premier sinistre dont je ne suis pas responsable, je me retrouve à devoir payer une franchise de 10% qui se montera à 300.000€, voire plus. D'autant plus que l'entreprise a été installée sur cette zone par la municipalité en 1976. Cela va me priver de deux machines de production dont j'aurais grand besoin pour redémarrer sereinement et générer du bénéfice dès la reprise.
Un lent retour à la normale
«Néanmoins, les premières machines sont rentrées au mois d'octobre et les dernières devraient arriver d'ici à la fin de l'année. Depuis la fin du mois de novembre, nous sommes à 35% de notre capacité de production. Par contre, je ne peux pas encore déterminer à quelle date nous atteindrons les 100%, car même si nous retrouvons notre outil de travail, nous allons forcément enregistrer une baisse d'activité, qui sera elle aussi compensée par l'assurance perte d'exploitation. De ces événements, je vais réaliser un diaporama pour nos clients. J'en tire aussi un enseignement: la réactualisation régulière de son contrat d'assurance est primordiale. Et, en la matière, il ne faut pas chercher l'économie. La Sommepp était bien assurée, cela avait un coût, mais dans de telles circonstances on en mesure toute l'utilité!»
Sommepp (Draguignan)
P-dg: François Patoureaux 15 salariés CA 2009: 1,5M€ @email Tel.: 04 94 68 14 12