Comment choisir son marché?

Comment choisir son marché?

Aujourd'hui, les PME peuvent opter pour trois places de cotation: Eurolist, Alternext et le Marché libre. Comment trouver le plus adapté à son profil d'entreprise?

Pour choisir son marché de cotation, l'entreprise doit à la fois considérer l'ampleur des fonds qu'elle souhaite lever, le capital qu'elle souhaite céder et le niveau de transparence qu'elle souhaite accorder aux investisseurs. En fonction de ces critères, les PME candidates à l'introduction en Bourse peuvent opter entre trois marchés, qui se distinguent par leur exigence de formalisme et les coûts que ces dernières entraînent.




Eurolist

Divisé en trois compartiments (A, B et C, symbolisant les différentes tailles de capitalisation boursière de leurs sociétaires), il reste l'apanage des grandes entreprises. Certaines PME y ont cependant fait leur entrée dans les compartiments B ou C (de 100millions à un milliard d'euros de capitalisation boursière) à l'image d'Aufeminin, de Meetic, du Noble Âge ou de Vivalis. Il impose d'importantes exigences en matière de diffusion de capital (voir ci-contre). Ultra-réglementé, et par conséquence ultra-transparent (obligation d'une communication trimestrielle du chiffre d'affaires, semestrielle et annuelle pour les résultats) pour les investisseurs et actionnaires, ce marché offre une très belle visibilité et une forte liquidité. En revanche, les obligations qu'il impose sont sources de coût pour l'entreprise, notamment en terme de communication financière (jusqu'à 150.000€ par an).




Alternext

Pensé pour les PME, ce marché «régulé» permet de réaliser de petites opérations (2,5millions d'euros de montant minimal) et assure un bon niveau de transparence aux investisseurs, mais sans le niveau de formalisme exigé sur Eurolist: pas d'obligations de communication trimestrielle, ni d'utiliser la norme comptable IFRS, exigée sur Eurolist. Les spécialistes estiment que le coût récurrent d'une cotation sur Alternext est inférieur de 20 à 30% par rapport à son grand voisin.




Le Marché libre

Le marché libre suscite toujours

des réactions très contrastées. Non réglementé - elle est simplement «organisée» -, cette place de cotation est très peu formaliste: les obligations financières y sont ultra-limitées (pas de contrainte de communication trimestrielle et semestrielle de ses chiffres). Il n'existe aussi aucune obligation d'avertissement du marché en cas de franchissement à la hausse ou à la baisse d'un seuil de capital par un actionnaire... De même, les actionnaires minoritaires ne sont pas protégés en cas d'opération financière portant sur la société. «Le Marché libre est souvent considéré comme l'antichambre des marchés réglementés, où les entreprises peuvent faire leurs classes boursières», souligne Catherine Kablé, directrice de l'agence de communication financière Kablé CF. «Je ne travaille pas sur ce marché. Il est très peu liquide et offre très peu de garantie et de transparence aux actionnaires et aux investisseurs», estime, lui, Damien Rahier, de la société de bourse Portzamparc, qui y voit surtout un «outil de communication» plus que la concrétisation d'un véritable engagement boursier.