Comme si de rien n’était. Alors que François Fillon est en pleine tempête, accusé par Le Canard enchaîné d’avoir fait bénéficier son épouse d’un emploi fictif, le candidat de la droite et du centre à la présidentielle est venu à Bordeaux parler économie. Et afficher sa bonne entente avec Alain Juppé. Tout juste s’est-il fendu d’un tweet où il dénonce « la séquence des boules puantes. Je suis scandalisé par le mépris et la misogynie [de l’article du Canard Enchaîné, NDLR]. »
Un mouvement pour contrer Macron
À Bordeaux, François Fillon est venu adouber le lancement de DroiteLib, le mouvement politique initié par Virginie Calmels, vice-présidente de Bordeaux Métropole et première adjointe au maire de Bordeaux en charge de l’économie. L’ex-patronne d’Endemol, investie en politique depuis deux ans, souhaite rassembler les acteurs de la société civile qui se reconnaissent dans des valeurs libérales, humanistes et progressistes. « Nous croyons au management dans la fonction publique et à la liberté individuelle, nous croyons que les citoyens n’ont pas besoin des hommes politiques pour guider leur vie. Nous voulons mettre la liberté au centre de notre projet », déclare Virginie Calmels. Avec DroiteLib, celle-ci espère rallier les anciens partisans d’Alain Juppé tentés par le soutien à Emmanuel Macron et ne pas laisser l’ancien ministre de l’Economie comme unique porte-voix de la société civile.
L’initiative est saluée comme il se doit par François Fillon : « Il est essentiel que nous puissions attirer de nouveaux talents afin d’enrichir notre projet et de bénéficier d’un souffle nouveau. Je suis heureux de porter DroiteLib sur les fonts baptismaux car ce mouvement incarne cette idée de liberté qui est au cœur de mon projet. Oui, nous devons redonner de l’oxygène et de l’air à notre pays. Je compte sur Virginie Calmels pour porter ce message de liberté. Une liberté humaniste. »
Rencontre avec des patrons bordelais
En rencontrant 18 entrepreneurs bordelais, quelques minutes plus tôt, François Fillon avait pu mesurer tout l’intérêt que ceux-ci accordent au candidat d’En Marche ! Sur les six patrons qui ont interrogé François Fillon, deux ont fait mention d’Emmanuel Macron, pour saluer l’ouverture des commerces le dimanche ou l’actionnariat salarié. Interrogé sur son soutien aux filières du tourisme, de la viticulture ou sur les actions qu’il compte mettre en place pour favoriser l’apprentissage ou le financement des entreprises, le candidat de la droite et du centre a déroulé son programme libéral et rappelé sa volonté de réduire la fiscalité, libéraliser le marché du travail, réduire le nombre de normes…
François Fillon a également profité de cette journée pour afficher sa bonne entente avec Alain Juppé. « Certes nous avons quelques divergences de points de vue, mais nous avons surtout des convergences, et particulièrement en matière économique », a tenu à souligner le maire de Bordeaux.