Grossir pour gagner en compétitivité. Voici, résumé, le nouvel axe de développement de Cogebio, PME d'innovation lancée en 2009 et longtemps restée au stade (très consommateur en cash) de la R & D et des premières ventes. « Mais aujourd'hui, notre technologie est validée, nous devons miser sur une commercialisation à grande échelle sur tous les marchés porteurs », assure son dirigeant et cofondateur, Étienne Lebas - ancien ingénieur en génie des procédés au sein de IFP Énergies Nouvelles. Des marchés " porteurs " - français, allemand, belge ou encore italien - où la question de la transition énergétique est clairement posée dans le débat public et apparaît souvent comme une priorité politique. Une dynamique et un élan indéniable pour cette structure installée à Irigny (69) et à Loyettes (01), spécialisée dans la valorisation énergétique de la biomasse.
Pas de concurrence française
Les équipes de Cogebio ont en effet su développer un brûleur à gazéification inédit, baptisé Gasclean, permettant la substitution d'un combustible fossile (gaz naturel, fioul, propane) par de la biomasse solide (comme les plaquettes forestières) pour la production de chaleur. Une innovation de rupture qui a valu à la structure d'être récompensée du prix spécial de l'innovation technologique du Concours EDF Énergie Intelligente en 2012. « Nous n'avons pas de concurrence française sur nos produits », précise fièrement Étienne Lebas, qui partage les rênes de l'entreprise avec Christian Bédrossian et Louis Rousseau. « Seule une société belge, Xylowatt, propose un gazéificateur similaire mais avec une chaîne de traitement du gaz. Notre brûleur permet en revanche de traiter un gaz chaud sans traitement, ce qui est moins coûteux ». Autre caractéristique : la possibilité de moduler de 30 à 100 % la puissance nominale de ce brûleur permettant alors un meilleur suivi de la demande thermique.
20 M€ de CA en 2020
Autant d'éléments et de facteurs différenciants qui poussent la PME à préparer pour les prochains mois une nouvelle levée de fonds, après celle effectuée en 2013 qui avait permis une entrée au capital à hauteur de 1M€ de Demeter Partners et du fonds Blue Orange de Suez Environnement. « Nous souhaitons lever cette fois-ci 3 à 4 M€, ce qui permettrait de développer notre outil industriel », résume le dirigeant de Cogebio qui espère d'ici à 2020, installer plusieurs dizaines de brûleurs avec l'objectif d'un CA annuel de l'ordre de 20 M€. « [-------]Une première unité industrielle de 2 mégawatts fonctionnant avec des plaquett[/-------] es forestières a été livrée l'an dernier à la société Guyenne Papier, installée près de Périgueux », détaille Étienne Lebas. Deux laboratoires - respectivement l'un de l'INSA et un autre du CNRS - ont également choisi de s'équiper de brûleurs Gasclean de petites puissances (100 kilowatts). Dans sa lancée, l'entreprise espère vendre trois nouvelles unités avant la fin de l'année, possiblement en Suisse et en Belgique. « C'est en cours de discussion... Des discussions très avancées », reconnaît Étienne Lebas. Cogebio développe par ailleurs une unité de cogénération de biomasse à base de bois permettant de produire du chauffage et de l'électricité. Un produit, qui affiche un très faible taux d'émission de particules, d'ores et déjà disponible dans une gamme de puissance de 100 à 500 kilowatts.
Cogebio
(Irigny) Dirigeant : Etienne Lebas 10 salariés CA 2014 : 489 k€ www.cogebio.com