Coeur de métier et stratégie : Les bases de la décision

Coeur de métier et stratégie : Les bases de la décision

Pour bien externaliser, un entrepreneur doit avoir une vision claire de ce qu'est son «coeur de métier» et des problématiques stratégiques qu'il a à résoudre.

Peut-on tout externaliser? Dans l'absolu, oui: il existe en effet sur le marché des prestataires capables de prendre en charge chacune des grandes fonctions d'une entreprise, depuis la paie jusqu'à la R & D. Mais doit-on alors tout externaliser? «Tout ne s'externalise pas. Plus vous êtes près du coeur de métier de l'entreprise, moins un prestataire extérieur pourra faire mieux qu'un patron qui a construit l'idée ou le produit qui fait la spécificité de l'entreprise», tranche Philippe Rassek, associé chez Deloitte, spécialiste des questions d'externalisation. Cependant il reste parfois difficile de faire le distinguo entre activités stratégiques, qui peuvent être externalisables et ce fameux «coeur de métier». Comment y parvenir? «En bref, les activités qui se caractérisent par la valeur, la rareté, la non-imitabilité et la non-substitution font incontestablement partie du coeur de métier de l'entreprise», explique Jérôme Barthélémy, professeur à l'Essec, auteur de «Stratégies d'externalisation». L'externalisation est donc rarissime lorsqu'il s'agit de fonctions liées à la conception de produits, de services ou d'innovations qui sont les éléments différenciants de l'entreprise. En revanche, on voit que des fonctions pourtant stratégiques pour nombre d'entreprises, comme celles liées à la performance commerciale ou au service client, sont externalisables, car elles ne présentent généralement pas ce caractère de rareté ou de non-imitabilité. De même, toutes les fonctions relatives aux services généraux sont facilement compatibles avec l'externalisation. À quelques exceptions près. «Le contrôle de gestion ne s'externalise pas forcément très bien. Il implique souvent des calculs, des analyses de données nécessitant une connaissance très fine des rouages de l'entreprise. Celle-ci n'existe souvent qu'en interne», tempère ainsi Philippe Rassek.




Les aspects stratégiques

Si la maîtrise des coûts est sous-jacente aux externalisations, celles-ci peuvent également permettre de résoudre les problématiques stratégiques de beaucoup d'entreprise. Souvent «non-spécialistes» de plusieurs de leurs fonctions, celles-ci peuvent transférer leur gestion à des experts dont la vocation est de s'ajuster rapidement aux besoins, aussi bien humains que techniques, permettant d'optimiser la fonction externalisée. Les entreprises peuvent ainsi utiliser l'externalisation pour s'assurer: - Une adaptation flexible de la fonction externalisée à l'évolution de l'activité de l'entreprise. En cas de lancement d'une grande offensive commerciale, l'entreprise n'a par exemple pas à gérer le recrutement en interne de nouveaux vendeurs. Ceux-ci sont mis rapidement à disposition par le prestataire. - Une adaptation flexible de la fonction externalisée aux évolutions technologiques. L'entreprise n'a plus à gérer en direct les aspects techniques et financiers liés à l'installation de nouvelles versions de logiciels. - Un renforcement de la qualité de service grâce au recours à des experts de la fonction. Exemple: une entreprise n'ayant pas d'expertise en service après-vente peut alors disposer de ressources dédiées et spécialisées, renforçant ainsi sa capacité à assurer la satisfaction-client. - Une sécurité optimale de la sécurité de leurs systèmes informatiques. C'est le prestataire qui s'assure d'actualiser en permanence les défenses face aux nouvelles menaces. Tous ces bénéfices permettent alors à l'entreprise de se concentrer sur son coeur de métier et d'y consacrer dès lors plus de moyens humains ou financiers.