CMA : «Offrir un service de proximité avec des antennes»
# Artisanat

CMA : «Offrir un service de proximité avec des antennes»





Alain Griset, président de l'APCM (Assemblée permanente des chambres de métiers) nous livre son sentiment sur la réforme des chambres de métiers et de l'artisanat (CMA) et la création du statut d'EIRL.


La réforme des chambres de métiers s'est faîte sans débat houleux. Comment expliquez-vous cette réussite?

Nous avons eu une approche différente des chambres de commerce et d'industrie. Nous avons entamé en 2008 une vaste réflexion qui a abouti à un vote où 94% des présidents de chambres de métiers et de l'artisanat soutenaient le même projet. Par ailleurs, notre réseau est plus homogène que celui des CCI, puisque la France compte 106 CMA. Cela nous a permis de proposer un texte au gouvernement, plutôt que de subir une réforme. Notre stratégie de mutualisation des moyens a débuté avant même qu'il soit question de révision générale des politiques publiques. Enfin, arrêtons de confondre gouvernance et défense des entreprises. On peut continuer à offrir un service de proximité avec des antennes locales. Il faut d'abord penser aux entrepreneurs que l'on défend, et pas à sa fonction.


Comment allez-vous réaliser les économies que vous demande l'Etat?

Il est prévu une baisse de 10% sur la taxe payée par les entreprise sur 4 ans. La mutualisation des fonctions doit nous permettre d'y parvenir. En Aquitaine, les cinq CMA vont mutualiser plusieurs postes, comme les achats, la comptabilité ou l'informatique. Je sais bien que cela va modifier le poste de certains salariés des chambres de métiers, mais c'est un changement nécessaire.


L'APCM a obtenu la création du statut d'EIRL. Quel changement cela va-t-il entraîner?

La création, au 1er janvier 2011, de l'entreprise individuelle à responsabilité limitée, est une mesure de justice.Pourquoi le patron de Renault peut-il engager 1Md€ de crédit sans prendre trop de risques alors que l'artisan est menacé de tout perdre? Je suis certain que, rapidement, 80% des entreprises seront en nom propre, contre 50% aujourd'hui. Cela permettra une gestion plus facile, une meilleure protection des artisans et, plus largement, une modification de l'artisanat.



s recueillis par Yann Buanec

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