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Clermont a investi 2 millions d’euros pour s’agrandir
Rennes # Agroalimentaire # Investissement

Clermont a investi 2 millions d’euros pour s’agrandir

Installées à Liffré depuis 1965, les Salaisons Clermont, filiale du groupe morbihannais Jean Floc’h, viennent d’agrandir leur usine de charcuterie. Avec 1.000 m² supplémentaires et 2 millions d’euros investis, Clermont a réorganisé ses installations pour faire face à sa croissance.

Avec une croissance de ses volumes de production de 5% par an, Clermont, à Liffré, affiche la volonté de valoriser son outil de travail. Dans un contexte de marché où il est compliqué de trouver une rentabilité, quand on est dans l’industrie agroalimentaire, la filiale du groupe Jean Floc’h (56) veut sortir du lot. Cela passe par une meilleure gestion de sa chaîne de production, et par une image moderne vis-à-vis de l’extérieur.

L’entreprise, dirigée depuis douze ans par Eric Lecordier, a donc investi 2 millions d’euros pour agrandir son bâtiment de 1.000 m², atteignant ainsi une surface de 8.500 m². Parmi les travaux, de nouveaux bureaux avec un accueil plus moderne et chaleureux ont été aménagés.

Améliorer les process

"C’est indispensable pour donner une bonne image à nos clients, les recevoir correctement, et leur prouver que nous travaillons dans un environnement sain", insiste Eric Lecordier. Car à côté des bureaux, la partie moins visible, et des plus importantes, est celle de l’atelier de production, qui a été rénové et réorganisé. "Nous disposions d’un tunnel de froid choc (-20°C, pour arrêter immédiatement la cuisson des aliments) au cœur de l’usine, qui n’était plus adapté. Nous l’avons donc déplacé à l’arrière du bâtiment afin d’améliorer le process et diminuer les risques bactériologiques en séparant davantage les aliments crus et cuits", détaille le dirigeant. À la place de l’ancien tunnel, c’est l’atelier paupiettes qui s’est installé, donnant ainsi de l’air à chacun des autres espaces de production.

De cette usine de salaison sortent ainsi chaque année 10.000 tonnes de produits charcutiers finis. Ils sont vendus à 50% en GMS et à 50% en boucherie-charcuterie de proximité. "C’est d’ailleurs cette part d’activité-là qui nous sauve, par notre qualité de service et notre proximité avec nos clients", constate le dirigeant, qui combat ainsi la baisse des marges imposées par les centrales d’achats. De la saucisserie aux produits élaborés (produits à farcir…) en passant par les plats cuisinés (cassolettes, produits micro-ondables…), toutes les recettes sont mises au point en interne par les équipes de R&D et la direction. "Le consommateur veut de plus en plus de produits travaillés, préparés, car il ne sait plus comment cuisiner la viande", constate Eric Lecordier.

Des embauches permanentes

Il faut dire qu’Eric Lecordier est entré dans le monde de la charcuterie à l’âge de 15 ans, en apprentissage, passionné par ce savoir-faire qu’il faut transmettre. Il ne demande d’ailleurs qu’à embaucher, car il a du mal à recruter ! "Quand je cherche quinze intérimaires, je n’en trouve que cinq…, déplore-t-il. Nous embauchons en permanence, mais nous voulons simplement trouver des gens qui ont envie de travailler, de se battre. On peut entrer par la petite porte et gravir les échelons. Ici, je fais valoir la promotion interne". Eric Lecordier veut avant tout faire de son entreprise une société humaine. Pour cela, il a décidé de faciliter la vie de ses 230 salariés : "Nous travaillons à 4°C, c’est difficile, et nos métiers ne sont pas assez valorisés à l’extérieur. Pourtant, les salariés travaillent dur. Pour un meilleur rythme de vie, nous travaillons en un 8 et demi, c’est-à-dire en deux équipes en continu mais qui se croisent de 6h à 13h30 ou de 10h à 18h30."

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