2013 avait été une année record pour Claas. Le fabricant de machines agricoles célébrait alors son centenaire avec un chiffre d'affaires en hausse de 11 %, à 3,824 milliards d'euros. En 2014, l'affaissement des cours céréaliers et le contexte troublé en Europe de l'Est affectent le groupe allemand qui stabilise son exercice à 3,823 milliards d'euros. L'acquisition du Chinois Jinyee l'an dernier lui permet en effet de maintenir le cap et de doubler le chiffre d'affaires en Asie. Mais sur ses marchés historiques d'Europe de l'Ouest, le constructeur patine. Car si Claas maintient ses positions en Allemagne (+4,1 % à 871 millions d'euros), l'entreprise dévisse en France. Son deuxième marché affiche en effet un chiffre d'affaires en recul de 10,6 % à 793 millions d'euros. « Notre environnement est chahuté, mais nous progressons sur tous nos segments de marché, notamment sur les tracteurs de forte puissance. », tempère le président de Claas France, Thierry Panadero. Le tracteur est en effet un élément clé dans la stratégie de Claas. Le groupe y consacre le quart de son budget R & D. « Notre plus vieux tracteur sur le marché a trois ans, une grand-mère pour nous ! » C'est d'ailleurs les nouveaux produits qui pourraient tirer en avant l'activité tracteur. « Nous lançons en 2015 de nouveaux modèles, sur des segments de puissance où nos tracteurs étaient absents. Nous compenserons ainsi nos baisses de volumes », précise Pierre Grondin, directeur de l'usine du Mans. Le site sarthois produit chaque année plus de 10.000 machines et devrait faire passer sa cadence à 55 tracteurs/jour dès février contre 44 actuellement.
Opportunités à l'Est
Malgré les problèmes géopolitiques et la crise du Rouble, Claas regarde toujours à l'Est. Le groupe investit 100 millions d'euros dans son usine russe de Krasnodar. Un site qui travaille en étroite collaboration avec la Sarthe, puisque Le Mans produit des sous-ensembles de tracteurs qu'elle expédie en Russie où ils sont réassemblés. Le dispositif permet ainsi au constructeur allemand de contourner les barrières douanières russes. « Krasnodar, c'est des opportunités de volumes additionnels pour Le Mans et nous sommes prêts à y répondre en 2015. Même si on n'atteint pas les volumes escomptés face au contexte géopolitique actuel », souligne Pierre Grondin. En effet, seuls une centaine de tracteurs auraient été expédiés en Russie depuis octobre.
Accord sur le temps de travail
Pour être en mesure de répondre à ces nouveaux enjeux, Claas a signé fin novembre un accord d'annualisation du temps de travail avec les trois syndicats de l'usine du Mans (CFDT, CFE-CGC et CGT). Objectif, adapter la production aux besoins du marché en allongeant ou en raccourcissant d'une heure la journée de travail, avec un jour de fermeture dans le mois. « On reste sur une base de 35 heures, les salariés font leurs 1.607 heures annuelles et pas une minute de plus. On va par contre être plus réactif dans la réponse à des appels d'offres ou des commandes importantes », ajoute Pierre Grondin. Avec cette organisation, l'usine de tracteur pourra faire varier sa production de 20 %, en gardant les mêmes équipes, quand il fallait auparavant deux ou trois mois pour modifier la cadence. Le dispositif a déjà été expérimenté avec succès fin 2014, avec le passage pendant deux semaines à une cadence de production de 47 tracteurs/jour, contre 44 auparavant.
Claas France
(Velizy/Le Mans) Dirigeant : Thierry Panadero CA France : 793 M€ 3.500 salariés, 700 au Mans 02 43 86 53 53 www.claas.fr