Chips, flop, stack, kicker ou autres freerolls... Ces termes exotiques, Yann Cervera, de l'agence de communication nantaise Vador Agency (quatre salariés, 205.000 € de CA) les maîtrise tous, en véritable passionné de poker qu'il est. «Je le tannais depuis quelque temps pour lancer un projet autour de ce jeu, se rappelle son associé Jean-François Ball. Puis finalement, en janvier dernier, en discutant entre amis, nous avons eu l'idée de lancer un magazine gratuit consacré au sujet». L'idée est nouvelle: à part «52», un mensuel gratuit diffusé confidentiellement dans les casinos et cercles de jeux, le marché, qui a vu pourtant fleurir nombre de titres payants consacrés au poker, n'est pas encore couvert par un gratuit grand public. Très vite, le concept prend forme, avec la naissance le mois dernier de City Poker, un trimestriel diffusé à 100.000 exemplaires dans huit villes de France (Paris, Lille, Marseille, Strasbourg, Lyon, Toulouse, Nantes et Bordeaux) en partenariat avec l'agence Intervalles Promotion, qui oeuvre déjà sur la distribution des quotidiens gratuits de sa maison mère, le groupe Bolloré.
Orienté «style de vie»
Coeur de cible du titre? L'homme urbain de 20 à 40 ans, novice du poker. Le contenu consacré à la technique du jeu est donc réduit à une part congrue, City Poker se positionnant plutôt en magazine «style de vie» avec interviews de «peoples», des reportages sur les lieux mythiques du poker (Las Vegas), ses coulisses (l'école des croupiers), son traitement dans le cinéma, le tout saupoudré de quelques conseils aux débutants. Pour porter le magazine, Vador Agency s'est associé à l'agence de presse parisienne Mypress, déjà à l'origine des suppléments poker du magazine masculin Maximal. «Nous gérons tout l'aspect fabrication de City Poker, le studio, la maquette. De son côté, Mypress apporte son expertise rédactionnelle», explique Jean-François Ball. Cette collaboration se traduit par la création d'une société commune, elle aussi baptisée City Poker. Prenant la forme d'une SARL au capital de 3.000 €, elle est aujourd'hui détenue à hauteur de 50% par Mypress, le solde se répartissant entre Jean-François Ball (45%) et Vador Agency (5%) Ayant mobilisé un budget d'environ 45.000 €, ce premier numéro a séduit les annonceurs, comme le prouve la présence d'une quinzaine de pleines pages de publicité. Voilà qui déboucherait, si l'on en croit les gérants de Vador, sur un bénéfice net de 15.000 €.
Tournant en 2010
Reste à savoir si City Poker ne surfe pas sur un effet de mode fragile. «Ce n'est au contraire qu'un début, rétorquent les associés de Vador Agency. En janvier2010, la France devrait autoriser les tables de poker sur internet, avec la possibilité de gain d'argent. Aujourd'hui tenus par la loi à l'écart du marché publicitaire, les sites étrangers qui organisent ces tables deviendront alors des annonceurs massifs sur tous les supports grand public. Cela va donc créer un important buzz autour du poker et un nouvel afflux de joueurs». Résolument confiant, City Poker prépare ainsi d'ores et déjà sa transformation en bimestriel.
Tiré à 100.000 exemplaires, City Poker, le premier gratuit grand public consacré au poker, a fait son apparition le mois dernier dans huit villes de France. À l'origine de ce titre déjà bénéficiaire, on retrouve la jeune agence de communication nantaise Vador Agency.