L'unité de valorisation des déchets plastiques ménagers de Sainte-Marie-aux-Mines fonctionne à nouveau depuis dix mois. En décembre2011, Soprema, leader mondial de l'étanchéité des bâtiments, à Strasbourg, rachète les actifs de Geprom qui était en redressement judiciaire depuis le 18octobre 2011. Avec un groupement d'industriels bas-rhinois et lyonnais, Pierre-Etienne Bindschedler, le patron de Soprema, crée Cirval en février2012. Patrick Muller, ancien cogérant de Geprom, quitte la société, William Perrée reste et devient directeur général. Dotée d'un capital de 600.000euros, la société peut reprendre son activité. Un programme d'investissement d'un million d'euros a été lancé suite à la reprise. «Une moitié de cette somme a servi à corriger les erreurs qui avaient été commises. L'autre à améliorer la qualité et la productivité», précise William Perrée. Quatre mois après son démarrage en janvier2011, l'usine de Sainte-Marie-aux-Mines avait cumulé des dettes envers ses fournisseurs. «Lorsque nous nous sommes implantés, nous étions un site pilote. Cela nécessite une vision industrielle, c'est-à-dire sur le long terme, alors que les investisseurs financiers ne voient qu'à court terme», analyse le directeur général. Première entreprise en France sur le secteur de valorisation des déchets plastiques, Cirval n'est plus seule aujourd'hui. Des concurrents nationaux se sont ajoutés aux concurrents anglais et allemands. «Cela signifie qu'il y a un marché», observe le dirigeant.
La collecte locale: clé de la rentabilité
L'usine haut-rhinoise produit 600 tonnes de paillettes et granulés issus des déchets plastiques ménagers. «L'objectif est au moins de doubler ces volumes», poursuit-il. Mais William Perrée reste prudent en termes d'investissements. Il préfère parler d'amélioration continue et d'optimisation des machines existantes. Il souhaite atteindre la saturation de l'outil de production d'ici à fin 2013. Dans le même temps, le bureau de R & D de l'entreprise reste actif pour développer des activités complémentaires. Cirval a ainsi mis au point un nouveau matériau composé de bois et de plastique. Ce produit injectable intéresse les industriels de la filière automobile. «Nos clients, principalement les industries du bâtiment et de l'automobile, souhaitent intégrer de plus en plus de produits recyclés pour alléger leur bilan carbone», note le dirigeant. Le marché est appelé à se développer. Cette année, Cirval prévoit un chiffre d'affaires de 2millions d'euros. Mais la société reste pénalisée par le système de traitement des plastiques qui prévaut en France, où seules les bouteilles en plastiques sont recyclées. Elle est obligée de se fournir en Angleterre et en Allemagne. «Or, la clé de notre rentabilité réside dans la collecte des déchets locaux», assure William Perrée. Des négociations sont en cours avec le Conseil général du Haut-Rhin.
Cirval
(Strasbourg) Président: Pierre-Etienne Bindschedler 16 salariés Chiffre d'affaires 2012 (prévision): 2M€ 03 89 58 30 55