Le fret ferroviaire, ce n'est pas un fantasme. En Bretagne, plusieurs industriels l'utilisent déjà. À Montauban-de-Bretagne, dans la zone de la Brohinière, cinq coopératives l'expérimentent. Réunies autour d'Alliance Ouest Céréales (AOC) depuis une douzaine d'années, Agrial, Coopagri, Garun Paysanne, Vegam et Le Gouessant utilisent le fer depuis 2002. Les coopératives proposent en effet à des industriels - majoritairement du nord de la France - de gérer leur fret grâce à leur zone de transit. Concrètement, AOC propose à ces clients des autres régions françaises de décharger leurs coproduits de céréales sur la Brohinière et de les stocker dans leurs silos via un système de tapis roulant. Les clients industriels bretons intéressés par ces coproduits peuvent ensuite venir s'approvisionner à La Brohinière. «Ce sont entre 100.000 et 150.000 tonnes qui arrivent par le train chaque année», précise Marie-Madeleine Fouillet, directrice d'Alliance Ouest Céréales. Soit une moyenne de deux trains par semaine. Pourquoi les industriels du nord de la France passent-ils par la voie ferrée, plutôt que la route? «Ça leur permet de gérer de gros volumes. Pour eux c'est plus facile, je suppose, de gérer la sortie d'un train entier de leurs usines que 50 à 60 camions», tente d'expliquer Marie-Madeleine Fouillet.
«Pas d'évolution sans soutien public»
Quant au projet de Feedsim Avenir (lire ci-contre), AOC s'inscrit totalement dans la démarche. «Si on veut développer cette activité fret ferroviaire, il faudrait agrandir ici la capacité de stockage», explique la directrice. Mais tout comme Laurent Morin, Marie-Madeleine Fouillet insiste sur la nécessité de l'engagement public. «Il n'y aura pas d'évolution du fret ferroviaire s'il n'y a pas un soutien de l'État ou des collectivités», prévient-elle.
Associées en 1998 autour d'un centre de stockage et de transit de céréales commun, à Montauban-de-Bretagne, cinq coopératives bretonnes utilisent déjà le train depuis 2002.